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Amitiés féminines au fil du temps

Le temps qui passe transforme les gens. La vie, les amours, le travail; tout nous transforme doucement, nous fait évoluer. Le fond reste le même, mais nos valeurs s’ancrent, et un peu de sagesse, dans le meilleur des cas, vient polir nos positions ou les raffiner.

Les amitiés suivent cette courbe de vie. Nous changeons, et nos amitiés changent aussi. J’ai changé, et mes amis ont changé avec le temps. Je suis parfois triste ou noslagique de certaines amitiés perdues en chemin, dans les dédales de la vie, des déceptions mutuelles, des parcours professionnels, des embûches, des bravades, des chocs émotifs parfois. Mais je ne devrais pas. J’ai aussi de nouveaux amis dans ma vie. Je suis une femme de coeur et d’amitiés fortes, et mes nouvelles amitiés sont riches et nourrissantes, vraies et belles, et elles m’apportent beaucoup. La grand-mère de mon Grand Amour disait: « mon coeur est comme un autobus, y a assez de place pour que tout le monde embarque ». J’adore cette phrase. J’adore cette femme, même si je ne l’ai pas connue. Moi je suis comme ça: j’adore, j’aime, je me passionne.

Aimer pour moi est facile. Il m’est plus difficile de cesser d’aimer. En fait, je ne cesse pas d’aimer. Je range dans un tiroir ces amitiés que le temps effrite. C’est ainsi qu’au fil des ans, certaines amies se sont éloignées pour diverses raisons. Et elles me manquent. – J’aime les hommes; d’amour et de passion. J’adore les femmes; de complicité et d’amitiés – J’ai toujours eu de fortes amitiés féminines, avec des femmes de tous âges. Des liens tissés solides, entre des âmes de femmes fortes, inspirantes.

J’aimerai avoir des nouvelles de Ora Karat, ma copine Israelo-New-Yorkaise que j’ai connue en Allemagne. Une femme d’une grande beauté et d’une rare intensité, qui était née le même jour que moi, à 20 ans d’écart. J’aimerai savoir si E.L. va bien, si elle a pu pardonner, malgrés l’immense tempête qui nous a éloignées à jamais voilà trois ans. Je lui souhaite d’être heureuse. J’aimerai retrouver la trace de Véronica Dominguez, ma meilleure amie de 5e année du primaire. Véronica avait dû repartir en Argentine en 1985, après 4 ans de complicité avec moi, et nous étions en larmes quand elle a quitté le Québec, après avoir fait le « pacte de sang » de nos 10 ans avec moi. J’entends encore son rire en mitraillette qui résonne. Je suis curieuse de savoir ce qu’elle est devenue. J’aimerai retrouver Brigitte Gendron, une fille exceptionnelle que j’adorais, avec qui j’ai travaillé comme monitrice aux les terrains de jeux de McMasterville, alors que nous étions dans le début de la vingtaine. Brigitte était une artiste, une femme d’un rare dynamisme, et elle m’a fait découvrir Andy Goldsworthy. J’aimerai avoir des nouvelles de Véronique Beaudry, ma meilleure amie (et ma voisine) entre 3 ans et 16 ans. Nous avons perdue la trace l’une de l’autre alors que la fin de l’adolescence nous a fait prendre des chemins différents, alors que la vie nous a simplement éloignée l’une de l’autre après le Cégep. Il parait qu’elle est psychiatre, qu’elle a deux garçons et qu’elle habite Sept-Îles. J’aimerai savoir si elle est heureuse, qu’elle me raconte sa vie. J’aimerai lui raconter combien je suis heureuse. Je me souviens qu’enfants nous rêvions ensemble des prénoms que nous donnerions un jour à nos propores enfants. Elle aimait beaucoup le prénom de Frédérique pour une fille.

Il y a aussi ces amitiés transformées, ces amies que je vois encore, mais beaucoup moins souvent qu’avant. J’ai souvenir de tant de soirées partagées, de fêtes, de moments précieux, de soupers bien arrosés, de débats enflammés, de plancher de danse où nous étions endiablées! Et maintenant? Et maintenant la vie nous transforme et je vis d’autres moments délicieux, et forts différents. Mais je garderai toujours en moi souvenir de ces amitiés fortes, marquée à jamais par la présence, l’humour, le regard, la vision, et la force de l’âme de chacune.

Je suis comme je suis

Je suis sensible. Des jours plus que d’autres. En général, je suis sensible particulièrement au gens que j’aime. Parfois ça me rend irritable, d’autre fois ça me rend très heureuse, ou encore terriblement triste. Avoir les émotions si exacerbées, j’en paie le prix. Ce prix est le plein de vie ou le vide de la nostalgie qui s’attaque à mes dimanches soirs. La sensation de voir certaines amitiés s’effriter, alors que le temps passse, que les gens changent, que la terre tourne, et c’est normal. Ainsi va la vie qui va! Mais aussi chavirée par les états d’âmes de ceux qui me sont proches. J’aimerai bien m’en prémunir. J’aimerai bien avoir une armure qui laisse filtrer le soleil et pousser les fleurs, mais qu’aucune lance ne peut atteindre. J’aimerai ne pas avoir la tête lourde de cent tristesses dont je ne suis pas maitresse. Il me reste à me laisser emporter dans le flot du travail, des obligations, de la vie. La poésie comme remède. La musique comme rêve. Et beaucoup de tendresse de mon amoureux si merveilleux. Me couvrir de ses baisers comme un manteau opaque aux éclats de métal rouillé que la vie apporte. Être forte au-delà des déceptions, au delà des déroutes politiques vaines, au-delà des fatigues des conversations inutiles, de la bêtise humaine qui nous conduit tout droit à notre perte. Espérer retrouver des sourires perdus dans les dédales des erreurs passées, des mots proférés trop vite, dans la hâte de dire la vérité, alors que non, toute vérité n’est pas bonne à dire. Au-delà de tout, le pire est peut-être l’indifférence. L’indifférence me tue.
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N’oubliez pas d’aller voter. Il ne vous reste que quelques heures.

Ce qui touche

Ce matin j’avais les oreilles neuves. J’ai posé mes écouteurs dessus. « Will You Follow Me » d’Ariane Moffat. Sans savoir pourquoi, sans raison particulière, larmes. Comme ça. Touchée. Parce que. Parce que je suis sensible. Vibrante. Parce que je carbure aux émotions. J’attends toujours le moment d’être transportée. C’est ma source, ma vie. C’est par ces émotions que je fais mon travail. C’est aussi par ces émotions que parfois je ne fais pas mon travail. Je suis une indisciplinée qui se discipline. Je tâche de rendre mes débordements affectifs fonctionnels. Je me cadre, je me propulse dans une direction, et j’opère. Sauf que parfois j’ai un peu de difficulté à partir le moteur, parce que je dois vibrer pour travailler. Parfois je me contraint et j’arrive à faire des choses alors que je travaille avec ma tête. Mais mon coeur fini toujours par embarquer.
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Je vous ai déjà dit que je veux un piano?
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Je suis une artiste. Jusqu’au bout des ongles. Je vis de création. Parfois on me dit que je suis chanceuse. Peut-être. Un peu. Ou beaucoup. Mais j’ai fait de la place à la chance dans ma vie. Je lui donne de l’air pour qu’elle arrive, la chance. Comme de partir vivre à l’étanger en laissant tout derière soi pour quelques années. Comme de ne pas faire de 9 à 5 dans une grosse compagnie. Comme de laisser entrer dans ma vie un homme qui a trois enfants. Comme disent les vieux, on a juste une vie à vivre. Vrai.

Pour plusieurs personnes, ce mode de vie est risqué, impensable. Pour moi, c’est l’évidence. C’est un mode de vie où je m’appelle liberté. Je n’ai pas de limites. Je fais. Je tâche d’être dans l’action, de faire ce que je veux, mais de toujours le pousser jusqu’au bout. Dans le respect. Respect des autres, de moi. Avec un idéalisme qui peut paraître naif. Parfois je suis découragée, parfois je me sens lasse, dépassée, indisciplinée. Ce qui me ramène est la réalité, les pieds dans le sol, les balises sociales, les obligations. Mais une fois lancée, tout roule. Je me demande quand même quel genre de société nous aurions si davantage d’individus adoptaient ce mode de fonctionnement? Si tout le monde avait un travail qu’ils aiment, une vie qu’ils aiment, un amour qu’ils aiment?

Envie de partir

Est-ce la loude chaleur qui accable la ville ou mes montagnes russes émotives de femme sous tension hormonale, mais j’ai une irrésistible envie de voyage. Bangkok, Taïpe, La Havanne ou Rome? L’Internet m’offre cette merveilleuse occasion de rêver à peu de frais (quoique c’est relatif). Je veux partir seule et maintenant. Ma valise sur le pas de la porte me nargue. Mais bon, j’ai 2 reportages à terminer pour l’ONF, alors l’escapade est partie remise…