Moral à 0

Appel de ma conseillère financière. Soupir. Je regarde mon agenda. Soupir. Je regarde dehors. Soupir. Je me sens nulle. Soupir. Je me sens dans une impasse professionnelle. Je me pose des questions sur ma carrière. Kossé ça donne de faire des films indépendants? Toute cette énergie, pour finalement me retrouver avec un énorme sentiment d’inutile. Ok, c’est ben beau, oui oui. Mais après? Soupir. Je vais où avec mes skis? Je fais quoi, moi? Je me demande où est ma place. Je sais que je ne suis pas faite pour travailler dans un bureau, avoir un boss. Mais je me sens lasse, terriblement lasse. Je suis toujours fatiguée. Je me sens sans énergie. J’ai l’impression d’attendre, d’être dans une case vide. Je ne sais plus. J’en ai marre d’être toujours cassée. Oh yeah, it’s great to be an artist. Yeah, you bet. Sortez vos lassos, chevauchez vos destriers, la vie continue. My life is a rodeo, and I have no choice to ride again, and ride again. 4 jours de Vacances, c’est pas assez pour moi, pentoute. Je me sens au bord de la crise de nerfs. Vidée. Mais j’ai pas vraiment le droit. Tout va bien dans ma vie. Il n’y a même pas de guerre dans mon pays.

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Récit

Mardi 25 juillet. Pluie. Humide. Je me dirige vers mon écran et mon clavier, l’envie de poésie qui me prends soudainement l’âme, comme ça. Firefox. Vivre la vie. Liens. Blogues, blogues, lectures, fous rires, larmes, réflexions. La vie, la guerre, les tranches de vies de tous et chacun. La profondeur, la légerté, les commentaires.

Plongée en moi. La douceur de ma vie. La difficulté de celle des gens en zones de conflits armés. Retour à ma réalité. Coup de téléphone aux aimés, ceux qui sont vieux et malades. Mon cher Parrain qui vit encore des bonheurs, malgré son cancer qui l’affaiblit. Marraine pleine de sourires, malgré le tour en ambulance cette semaine, et la visite à l’hôpital à cause de son diabète. Pas drôle de viellir. Étrange pour eux d’entendre encore la guerre qui rugit au loin. Eux qui ont vécu la Deuxième Guerre Mondiale dans leur Belgique natale. J’ai entendu encore et encore les récits de Parrain et Marraine: les sirènes, les bombes, les SS, le bunker, les avions, les juifs qu’on cache, la résistance, la souffrance, le rationnement, les usines en Allemagne, l’exode, le café disparu, le clocher de Nivelles couché sur le côté, leur rencontre, leur mariage. Puis la reconstruction. Et leur traversée pour le Canada, avec deux enfants.

Toute leur vie fut marquée par la guerre de la fin de leur adolescence. Trop de vies sont marquées par des guerres. Pourquoi faut-il toujours masquer la beauté et la paix pour du pouvoir, de l’argent, des territoires?

Plus tard, la poésie. Enfin, elle est là quand même. La pluie tombe pour laver la terre. Il fait frais, pour rafraîchir mes idées. La musique quand même dans ma tête. Et dans mon coeur, mon grand Amour. Je vis ma vie qui n’est pas parfaite, mais j’aime parfaitement, et c’est très bien. Je suis si amoureuse que presque étourdie d’amour. J’ai hâte de prendre des Vacances avec Lui. J’en ai vraiment besoin, pluie ou pas.

Perfectionniste

Je suis assoifée de beautés. Depuis toujours. L’intérieure. L’extérieure. Je suis perfectionniste. C’est une qualité, et aussi un défaut. C’est un très bel héritage de mon papa. En ce moment, je perds un temps fou (et très inutile) sur mon flyer d’invitation pour mon lancement. Depuis deux jours je déplace des images, des mots, sur mon canenva. Un pixel à gauche, une image en haut, non en bas. Pffff. Pour rien. L’important c’est que vous y soyez, un point c’est tout. Zut. Mais non, je continue, toujours insatisfaite. Ahhhrrrggg.

Je me souviens des « butcheux » à l’école primaire. Ceux qui finissaient toujours avant les autres. Ils avaient 16/20 et ils étaient contents. Moi je besognais une heure de plus pour un 18/20. Ou pire, pour un 17.5/20. Ahhh. Misère! J’étais toujours la dernière à sortir de la classe, la dernière dans l’autobus, la dernière à entrer dans la classe (je plaçais tout en ordre dans mon casier). Je faisais des cauchemars horrible à cette époque; je manquais l’autobus, le train, l’avion, l’entrée en classe. Je courrais toujours après mon temps. Tout ça parce que je prenais mon temps. Aujourd’hui c’est très différent; je prends toujours mon temps pour faire bien les choses, mais je n’ai pas d’autobus à prendre car je travaille à la maison. J’ai réglé mon problème partiellement comme ça. Bon, je caricature un peu, mais c’est ça pareil.

Quand je fais un montage, on me paie pour être perfectionniste. Mon défaut prends soudainement de la valeur, il devient insipensable à la réalisation de mon travail, à la satisfaction de producteurs tout aussi perfectionnistes que moi. Je me sens alors parfaitement normale. Mais c’est pas normal du tout, en quelque sorte, de passer des jours et des jours pour faire une image ou un montage qui durera quelques minutes sous les yeux des autres. Mais je me dis que l’impression dans leur esprit est pour beaucoup plus longtemps. En fait, c’est ça le but. Faire du joli, du permanent, de la beauté qui marque et qui touche. Susciter une réflexion qui se perpétue dans les esprits. C’est prétentieux? Ouais, peut-être un peu, mais c’est nécessaire.

Je discutais l’autre jour avec un producteur télé de petites émissions pour consommation rapide (sans offence, stricte réalité). Les sommes dérisoires investies et le temps infinimum mis sur les émissions données à voir au public me désolent. C’est du fast-food de tivi. Mais c’est comme ça. La tivi, ce n’est pas de l’art. Mais pourquoi pas? Quand je regarde certaines séries américaines de haute qualité, quand je regarde certains programmes de télé-québec, je me dis que ça se peut, de l’art grand public. C’est visiblement des perfectionnistes qui ont fait ces contenus-là. Les butcheux, eux, ils ronflent devant leur poste allumé, à regarder leur fast-food de télé. Mais peut-être aussi qu’ils regardent de la belle télé pour s’inspirer, pour rêver.

Bon, je retourne gérer mon angoisse de perfectionniste. Car je vous ai pas dit ça; quand on est perfectionniste, on est aussi terriblement angoissés, parfois. C’est un package 2 pour 1. Yay.

Envie de partir

Est-ce la loude chaleur qui accable la ville ou mes montagnes russes émotives de femme sous tension hormonale, mais j’ai une irrésistible envie de voyage. Bangkok, Taïpe, La Havanne ou Rome? L’Internet m’offre cette merveilleuse occasion de rêver à peu de frais (quoique c’est relatif). Je veux partir seule et maintenant. Ma valise sur le pas de la porte me nargue. Mais bon, j’ai 2 reportages à terminer pour l’ONF, alors l’escapade est partie remise…