Reprendre la plume

Ça fait du bien de pouvoir écrire. Simplement des mots simples et petits. Ou des longs textes si ça me chante. J’ai tellement de poèmes en tête que ça sort en onomatopées. Woup woup. Ce soir, je suis comme ça. Parce que. C’est tout. Je suis contente car j’ai une impression de calme après la tempête de la fin de l’été et du début de l’automne. C’est fou, j’ai même l’impression d’avoir vieilli. Comme ça, ça nous tombe dessus. Bagn! On me demande mon âge, et j’hésite à répondre. Et non, pas pour le cacher, non. Parce que je ne sais plus. Tout va trop vite, et je perds le compte. Il faut que j’arrête, que je réfléchisse. 1974. J’ai 34 ans. Ben oui. Hey! Ho! Commence à être tant que tu aies un enfant, ma vieille.

J’y pense depuis plusieurs années, mais la conjoncture n’avait jamais été bonne. Tandis que là… Mais j’hésite à en parler. C’est comme un ultime tabou à partager sur un blogue pour moi. Je n’en ai jamais fait mention ici. Mais pourtant, je voudrais tellement avoir un enfant. Je suis mariée avec un homme qui en a 3, mais ils sont à lui. Et il en veut encore avec moi. Ses enfants sont grands, mon homme est encore jeune, donc tout est possible. Mais mon ultime tabou est de parler ici de mon désir d’avoir un enfant. Est-ce que d’en parler diminue les chances d’en avoir un? Est-ce que de partager ce désir provoque une pression indue sur la future mère? J’ai décidé de plonger, car je parle maintenant pour la première fois ici de cet enfant que je voudrais. En même temps, si cela ne m’arrive pas, ce ne sera pas un drame. Faut bien accepter ce que la vie apporte.

Logique de l’enfance

Vendredi je faisais des courses au supermarché IGA de ma banlieue nord. Des gentilles dames nous offrent des petites bouchées en dégustation, comme chaque semaine. Ces dégustations sont offertes dans des petits contenants individuels en plastique, avec des fourchettes en plastique. Après chaque bouchée, tout le monde met son « déchet » (à peine sali), dans une poubelle prévue à cet effet. À chaque fois, je suis outrée de n’avoir aucune option de recycler ces contenants et ustensiles de plastique. Benjamin me faisait remarquer que ce serait encore mieux de les réutiliser. Logique. Je le signale à la dame au comptoir. Sa réaction à ma suggestion d’avoir des plats lavables « que voulez-vous qu’on fasse, il passe 3000 personnes dans une journée, on pourrait pas laver tout ». Ah non, et pourquoi pas? C’est plus simple d’en disposer pour le mettre dans un dépotoir de Lachenaie qui déborde déjà, et de laisser s’accumuler des millions et des millions de petits déchets inutiles sans se préoccuper du manque d’espace ou de la contamination que provoque ces déchets platiques qui prendront des centaines d’années à se décomposer? Tout ça parce qu’ils ont contenu pendant quelques secondes des aliments qui les ont « sali » (honnêtement, je pense qu’un chiffon pourrait parfois les rendre comme neufs, ce qu’ils sont). Les bras me tombent.

Je signale à la gérante de l’établissement qu’il serait judicieux de recycler ces contenants, à tout le moins. Elle me regarde, hautaine, comme si j’étais une extra-terrestre grano tout droit débarquée de mon vaisseau en terre cuite. J’insiste: « Mais vous recyclez déjà, quand même? ». Elle tique, la bouche sèrrée. « Le papier et le carton, oui ». Sous-texte: donc les supermarchés IGA ne recyclent pas le plastique et les autres matières. Donc les supermarchés IGA ne compostent pas les denrées organiques périmées (J’exagère, voyez-vous, tant qu’à être extra-terrestre). Mais sérieusement, à quand une réglementation pour forcer tout cela? C’est tellement évident, il me semble. Et tellement simple.

Samedi nous nous promenons en vélo dans les rues de Montréal, à la recherche d’un appartement. Le soleil est radieux, la chaleur de l’été nous donne soif. Au coin de la jolie rue Laval et de Duluth, deux charmantes petites filles de 8 ans tiennent un kiosque de vente de limonade. Il y a une file d’assoiffés. Les affaires marchent bien. À chaque limonade vendue, les petites insistent pour que les clients ne partent pas avec le verre de plastique. Tous doivent le déposer dans le bac rempli d’eau prévu à cet effet. « Il faut nous les redonner, car on lave les verre ». Logique, non?

Les poubelles

Je suis une militante écologiste du quotidien. Depuis mon enfance, j’ai toujours détesté jetter des choses. J’ai reçue une éducation sensible à l’écologie par mes parents et grands-parents (de tous côtés!), mais aussi avec l’influence des écoles que j’ai fréquentées (surtout au primaire). J’ai toujours considéré comme un crime de jetter de la nourriture, des objets ou toute matière qui pourrait trouver une vie meilleure (lire « une autre vie »).

Je me souviens d’aller visiter des friperies de Beloeil en compagnie de ma mère, et de la grande joie que nous avions à faire de fabuleuses trouvailles dans ces « greniers enchantés ». À l’adolescence, ce fut naturel pour moi de faire des pelerinage dans les sous-sols d’églises et autres brocantes, en compagnie de ma grande copine Élise. Nous dégottions des vestons d’hommes et des grands imperméables au style d’une autre époque, et nous réinventions notre mode pour en faire des vêtements que nous consédérions alors comme « branchés ». Je me souviens aussi, à la même époque, de transformer des vêtements pour faire des expériences de style. Des anciennes jupes sont alors devenues « jupes-pantalons ».

J’ai toujours adoré rafistoler des objects pour les rafraîchir et les embellir; repeindre une vieille table, réparer des chaises, transformer des vieux objets en oeuvre d’art. C’est ainsi que j’ai utilisé de très vieux tubes de peinture séchée (approx. 1930) ayant appartenus au père d’un ami écossais, pour en faire une oeuvre à accrocher au mur. J’aime les vieux objets. Ils ont une histoire à raconter, il suffit de prêter l’oreille. Et puis la pluspart des objets d’aujourd’hui n’ont pas la qualité de matériaux et de confection d’il y a 50 ans.

Je n’ai jamais supporté qu’on jette de la nourriture. Mes grand-parents maternels, ayant connu la 2e Guerre Mondiale en Belgique, avaient conservé une sensibilité particulière au gaspillage. On finit son assiette ou on garde les restes. On ne jette rien! Les vieilles croutes de pain allaient pour les oiseaux. Mais cette sensibilité est commune à tous les gens de cet âge, toutes origines confondues (pays et classes sociales). Je me souviens de cuisiner un jour avec ma Grand-Maman Georgette (la mère de mon père), et de prendre conscience de cette attitude dans des détails. J’épluchais des pommes de terre, et elle était scandalisée de l’épaisseur de mes épluchures « il restera plus de patate, si tu continues comme ça ». J’épluche plus mince, maintenant. Et je cuisine des plats délicieux avec tous les restes.

Depuis plusieurs années je fais mon compost. Et je tente de convaincre les gens autours de moi de faire de même. Et de jetter un max dans le bac vert plutôt que la poubelle. J’ai ainsi fait subir une cure mince à mon sac de poubelle. J’ai un rôle d’éducatrice écologiste de premier ordre auprès des enfants. Il m’arrive souvent de repêcher des éléments recyclables dans la poubelle, et je fais enquête. C’est de plus en plus rare, dois-je avouer. Et cela me fait tellement plaisir quand les enfants me demandent « les bâtons de popcycle, ça se recyle? ».

Mais le plus difficile c’est les lieux publics et les bureaux de compagnie: aucun recyclage, aucun compost! C’est un non-sens, quand on pense que les individus font de grands efforts pour recycler. Comment est-ce possible que le gouvernement ne force pas la note, ne légifère pas afin de forcer le recyclage et le compost massivement dans les commerces et édifices publics? Il suffit de mettre un système en place. Nous ne pouvons laisser le choix, et attendre la bonne volonté de chacun. Nous savons bien que les commerces ne feront pas ce choix seuls si il n’est pas plus rentable économiquement. Et pourtant, à long terme, c’est beaucoup plus rentable de faire des choix écologiques.

Saviez-vous que 34% (source: François Cardinal, La Presse) des déchets dans les dépotoirs sont compostables? En contact avec les détritus toxiques, enfouis ou laissés à l’air libre, ils deviennent à leur tour toxiques. Ces mêmes déchets organiques pourraient devenir un engrais et une terre saine si ils étaient compostés adéquatement. Finalement, c’est simplement une question d’organisation. Il faut trier les déchets, et s’assurer qu’ils se transforment afin de ne laisser aucune trace nocive sur et sous terre. Les japonais sont maîtres dans cet art (vidéo en version française).

Le premier geste consiste donc à prendre conscience que chaque élément qu’on met dans un sac poubelle prend le chemin d’un dépotoir qui devient un monstre toxique. Et ce Frankenstein nous exlosera au visage si aucne action n’est prise. À chacun d’agir!

Conseils de voyage familiaux

Ceci est un texte qui fut écrit en réponse à Grande Dame, qui planifie un grand voyage familial avec ses enfants.

Chère Grande Dame,
J’y vais à mon tour de mes conseils, moi qui ai voyagé quand même pas mal, et à tous les âges (mes parents étaient de grands voyageurs). Et moi qui ait 3 enfants avec qui j’ai fait quelques escapades, parfois assez… intenses (camping sauvage avec les 3 enfants pendant quelques jours, alors qu’ils avaient 8, 10 et 12, camping au bord de la mer, différentes excursions).

Premièrement: je suis allée en Grèce en juillet, et je ne recommande cela à PERSONNE, et encore moins à une femme enceinte. Très mauvaise idée, selon mon avis. C’est étouffant et lourd, et il y a peu d’arbres. J’ai beaucoup souffert de la chaleur là-bas, malgrés la mer et le vent du large. Le soleil tappe! J’ai trouvé cela pire que l’Asie en juillet!

Deuxièmement: faire vivre un grand voyage à tes enfants est une très belle idée, mais si vous le faites, je te recommande fortement la SIMPLICITÉ. C’est à dire une formule où vous avez une base fixe, et vous faites de petites escapades autours. Quand j’étais petite (vers 8, 9, 10 ans) nous partions en Europe tous les étés -ma mère est belge-. Et les voyages en voiture étaient très difficiles physiquement pour moi, car mes parents faisaient des kilomètres pour voir un max de pays en un temps record. J’ai garde un souvenir impérisable, et je suis convaincue que ces voyages ont vraiment forgé l’artiste que je suis devenue (je me souviens comme si c’était hier du musée Dali à Figueres en Espagne, visité à 9 ans). Nous avons aussi fait l’europe de l’est avant la chute du mur (yogoslavie, techécoslovakie), et je suis infiniement reconnaissante envers mes parents qui m’ont fait voir non seulement des pays qui ont complètement changé aujourd’hui, mais ils m’ont fait vivre une situation politique qui est maintenant passée à l’histoire. Et je me souviens de beaucoup de choses, peut-être même davantage qu’eux (lorsque nous racontons nos souvenirs, je me souviens de détails qu’ils ont oubliés). Mais lors de tous ces voyages, nous avions notre « base » en Belgique ou en Espagne. Cela permettait un temps d’arrêt, un repos, pour se sentir « comme à la maison » et visiter autours. C’est vraiment l’idéal, surtout avec des enfants, et surtout avec une large marmaille.

Mes meilleurs souvenirs (ben, heu, ils sont tous extras, mais bon), sont dans cette maison en Espagne que nous avions loué, la villa Kimoredi (Qui m’aurait dit), avec plusieurs cousins et oncles et tantes. Nous étions une dizaine à rester dans une villa au bord de la mer. Nous avions une cuisine, ce qui rends le coup du voyage vraiment avantageux. La location d’une maison s’avère aussi beaucoup moins couteuse que des hotels, surtout en grand groupe. Et c’est vraiment agréable et beaucoup plus reposant d’être basé à 1 seul endroit, d’où on découvre graduellement les environs, et d’où on fait facilement des esacapades d’un jour.

De toute façon, selon mon expérience de voyageuse (Europe, Asie, Amérique latine), c’est minimum 1 semaine au même endroit pour profiter d’une ville ou d’un lieu. C’est le temps nécéssaire à l’acclimatation au quartier et ses habitants, ce qui permet une expérience moins superficielle qu’un transit continuel. On fait alors de vraie rencontres, on s’intègre un peu dans le tissu social du pays. Et voyager en constant déplacement est très épuisant, sans être enceinte!

Bref, c’est mon avis. Je pense que si tu veux profiter d’un vrai repos, tu devrais effectivement partir en couple. Mais pour l’expérience de voyage avec les enfants, je te recommande très fortement la location d’une maison dans un endoit de ton choix: Espagne, Grèce, Sud de la France (la Provence fait tripper les enfants), Italie. Mais aussi Mexique, Costa Rica et même Thailande. Toutes ces destinations sont faciles avec des enfants, à condition d’avoir une maison louée qui devient la base. Et cela se fait très bien, même avec un jeune bébé… (une amie à moi a 3 enfants en bas âge, et elle voyage avec eux sur le mode « maison de base », les enfants ont 2, 4, 5.)

Voilà pour mes conseils! Bon voyage!