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Hommage à Ferdinand Borremans

Mon cher Parrain (mon grand-père) nous a quitté il y a un an. Vous aviez peut-être lu les textes sur son départ que j’ai publiés ici-même l’an dernier. Un texte-hommage a été publié dans L’Oeil régional de cette semaine, pour les gens de la région de Beloeil, et pour tout le monde sur le site de l’Oeil régional.

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La douleur et la tristesse sont maintenant chose du passé. Il ne reste qu’une foule de bons souvenirs. Et une peine douce, sous forme d’ennui. Comme on s’ennuie tant d’un être cher qu’on a pas vu depuis longtemps. J’aimerai tant seulement aller prendre une bière avec lui et parler de tout et de rien. Surtout l’écouter. Qu’il me chante ses chansons en flammand. Et entendre son rire éclater si fort.

Les enfants gourmands

Fin de semaine à Québec en mars dernier

J’ai tant de textes en tête à partager ici, mais depuis des mois, c’est un silence étrange qui demeure sur Vivre la vie. Je tourne en rond. Je voulais raconter la fantastique fin de semaine à Québec avec les enfants fin mars dernier. Pour eux: comme un rêve (dirent-ils). Restaurant cinq étoile au déjeuné, musées de Québec, balades pleine de charme dans la vieille capitable. Pour moi: de très belles rencontres professionnelles, et du ski à son meilleur au Mont-Saint-Anne. Les enfants sont maintenant de vrais pros de la planche, nous pouvons donc faire du ski partout à une vitesse intéressante (lire: assez vite!). Quel plaisir de dévaler les pistes sous le soleil et dans le vent, avec le fleuve à nos pieds, les cinq en slalom sur toute la largeur des pistes à nous seul! Pur délice. Grand grand bonheur pour moi de trouver non seulement un homme pour partager ma passion du grand air et des muscles qui chauffent, mais toute une bande de (presque) ados souriants, enthousisates et pleins d’énergie face à mes idées folles de tout vouloir faire, découvrir, explorer!

Petite famille gourmande

Je voulais raconter ma dernière fin de semaine, où nous avons partagés de bons repas avec les enfants si gourmands. Nous sommes allés savourer des tapas rue Saint-Laurent, à la sala rosa, un endoit que mon homme et moi adorons, que nous avons fait découvrir à nos trois critiques culinaires en herbe. Vendredi soir en ville, si agréable: rires partagés, gourmandises partagées, tranches de vie partagées. Le bonheur. Nous avons remis cela en visitant un restaurant chilien adorable et délicieux samedi midi (La Chilena, rue Saint-Laurent, dans le mile-end). Les enfants se sont régalés de leurs burritos et salsa fraîche, les parents aussi!

Petits et grands bonheurs

L’écriture se rattrappe: du manuscrit à l’écran

Ce matin j’ai sorti un cahier de cuir rose vif. Il m’a été offert à mon mariage par une amie qui aime écrire autant que moi. J’ai toujours eu de nombreux cahiers; remplis d’idées de projets, de listes de rêves de vie (oui oui, des listes), de rêves rêvés la nuits qui furent parfois prémonitoires (oui oui, chers sceptiques), de récits quotidiens en forme de journal intime, de récits de voyage en forme de confessions, de confidences à moi-même, de réflexions sur ma vie et certaines perspectives que je tentais d’y apporter. Mes cahiers ressentent un grand silence de ma plume depuis plusieurs années. C’est que je blogue, voyez-vous. Depuis que je tiens carnet ici-même, mon écriture manuscrite est réduite au silence, ou presque. Mon appétit des mots à écrire est satisfait de ce carnet virtuel, semble-t-il. Donc ce matin, j’ai sorti le cahier rose vif. Il est à ma droite, sagement en attente que ma main daigne prendre le feutre noir fin déposé à côté, et tracer quelques lettres, quelques mots, quelques phrases sur ces pages odorantes de papier recyclé. J’aime le papier, son odeur, le bruit qu’il fait quand une plume y trace son chemin. Mais depuis cinq ans mon écriture manuscrite s’est disloquée. Elle est maladroite, illisible. J’ai aussi réalisé lors de mon dernier voyage que je ressentais une certaine frustration en écrivant à la main. Je peux dire beaucoup moins dans le même laps de temps. C’est que j’écris beaucoup plus lentement à la main qu’avec ce cher clavier. Soupir. Pourtant j’aime écrire à la main. En fait ce que j’adore c’est la non-tyranie du réseau. Ce réseau qui dissipe la concentration de l’écriture: courriel, facebook, articles à lire, blogues à découvrir, site à explorer, flikr, last.fm, textes à écrire pour d’autres blogues. En fait le secret réside dans la discipline. Ne pas aller ailleurs. Concentrer et structurer mes activités.

Marraine: ma grand-mère déménage

Je voulais raconter la transition que vit ma chère Marraine (ma grand-mère maternelle), en deuil depuis bientôt un an. Elle vient tout juste de s’installer dans une résidence confortable et jolie, pour son bien, mais avec beaucoup de difficulté à quitter le passé. Elle s’accrochait à sa maison, ses souvenirs, comme autant de bouées qui la menaient tout droit à sa perte, s’emmurant dans un isolement néfaste. Elle faisait peine à voir, ainsi seule, exposée et vulnérable, dépendante et triste. Elle ne voulait pas partir, après tant d’années dans sa maison-musée (tant de souvenirs, de voyages, d’années de vie dans un même lieu). Elle se liait au vide, inventant avec toutes les raisons du monde la présence de son grand amour envollé. L’abscence physique de Parrain la fait si crellement souffrir. Nous avons dû l’emmener ailleurs, où des gens pourraient bien prendre soin d’elle au quotidien. Il le fallait. Pour la famille, le moment fut clef, bien sûr. Encore maintenant, j’ose à peine en parler du bout des doigts, car je ne voudrais en rien faire osciller les liens fragiles entre les aimés. Il est clair qu’un changement comme celui-ci occasionne son lot de tensions et expose les fragilités de tous, y compris de ceux qui se veulent les plus forts. Héritage familial de force et de courage, ces qualités se portent parfois comme un bouclier qui masque des douleurs enfouies. Unique petite-fille de mes chers grands-parents, j’ai une sensibilité particulière et un amour inconditionnel pour cette femme qui fut ma deuxième maman. Je respire enfin, car elle semble accepter un peu le changement. Elle mange avec appétit, semble se lier d’amitié avec les autres résidents, joue de son humour et de ses rires avec le personnel. J’espère qu’elle trouvera la paix et un peu de joie dans ces lieux, avec ces gens.

Je voulais raconter aussi mon voyage au Costa Rica, que j’ai choisi de livrer en photos. Les textes sont dans un cahier manuscrit, encore. J’espère que j’arriverai à déchiffrer mon écriture illisible.

Deuil

Mon cher Parrain est décédé il y a quatre mois. Il était malade, atteint du cancer depuis plus d’un an. Il avait 83 ans. Il est parti dignement, comme un chef. Il est décédé un vendredi. Le mardi précédent, un après midi d’une journée très chaude de mai, nous avons pris une bonne bière belge ensemble. Une Leffe, que nous avons désaltérée et savourée dans un « aahhhh » commun. Ce moment est gravé à jamais dans ma mémoire. J’avais une grande complicité avec cet homme calme, au sens de l’humour légendaire. J’adorais discuter avec lui; parler de politique, d’actualité, d’environnement, de la sitation internationale, de l’histoire. J’adorais l’entendre me raconter ses histoires de vie, ses voyages, son enfance. J’adorais partager avec lui mes récits de vie, mes succès professionnels, dont il était fier (je le sais sans qu’il me l’ai jamais dit directement, je le sentais).

J’ai vécu le deuil de son départ assez sereinement, avec beaucoup de peine, mais une grande paix aussi. Il est parti sastisfait de sa vie, il a vécu heureux, il a accompli de belles et grandes choses. J’étais très fière de lui, de tout ce qu’il avait fait pour sa communauté. Il est parti me sachant heureuse, avec une vie devant moi pleine de potentiel. Il a eu un bel adieu, en grande, avec les pompiers comme porteurs et le drapeau de McMasterville en berne, municipalité de la Rive-Sud de Montréal pour laquelle il a été maire pendant plus de vingts ans.

J’ai pleuré son départ. La vie a repris son cours. Je pense très souvent à lui. Et le temps passe. On intégre doucement l’idée de la mort, du départ définitif d’un être aimé. Mais c’est très étrange d’apprivoiser l’abscence. Le temps passe, et c’est avec un grand sourire que je me souviens parfois de lui, de ses blagues, de ses grimaces, de ses chansons, de son rire. Parfois des vagues de tristesse m’envahissent, comme ce soir, alors que je m’ennuie tellement de lui. J’aimerai seulement aller le voir pour lui raconter mon nouveau travail et la semaine satisfaisante que je viens de terminer. On aurait pris une Leffe ensemble, sur sa galerie arrière, avec ma Marraine chérie à nos côtés. On aurait cogné nos verres pour souligner son anniversaire.

Lundi mon Parrain aurait eu 84 ans. Ce soir j’ai bu une bonne Leffe en écrivant ce texte, et c’est avec vous que je partage ce moment. Alors tous ensemble nous pouvons lui souhaiter: Bonne fête, mon Pilou!

Intensité: joie et tristesse

Je me sens terriblement égoïste de penser à mon mariage alors que mon grand-père souffre tant. Je vis la peine de le voir souffrir, mais à la fois je vis un moment de grande joie, alors que je me prépare à épouser l’homme que j’aime. Ces intensités font partie de la vie. Je tâche de composer, en prenant chaque instant pour ce qu’il est. Mais ce n’est pas chose facile. Je regarde mon grand-père péniblement chercher son souffle, impuissante. En même temps, je fais des téléphones pour finaliser les derniers préparatifs du mariage. Je me sens comme un fou du roi avec la moitié du visage affublé d’un grand sourire, et l’autre en pleurs. Mais je sais que Parrain veut me voir heureuse, complètement. Et je suis complètement heureuse, et triste à la fois.

Ainsi va la vie

Mon grand-père que j’adore est très malade, atteint d’un cancer, depuis plus d’un an. Comme tout moment de grande intensité dans la vie, juste alors que nous nous préparons à célébrer notre mariage, voilà que mes chers grands-parents ne se portent pas bien du tout. Je veux qu’ils se sentent en paix de ne pas venir physiquement à la fête. Ils seront là de toute façon quoiqu’il advienne. Ils m’ont tant légué, ils m’ont tant donné d’amour, ils m’ont tant appris. Ils sont toujours une grande inspiration pour moi; gourmandise, petits plaisirs, grands rires et taquineries, cette volonté de prendre la vie du bon côté, de toujours rester fort, cette grande force de caractère. Ils ont cette volonté qu’on les gens qui ont choisi de refaire leur vie à l’étranger, loin de la terre qui leur a donné naissance. Mais ce que mon Parrain et ma Marraine portent surtout en eux et qu’ils m’ont transmis c’est l’amour inconditionnel, qu’ils portent en eux comme un étendard de vie. Un amour qu’ils se portent l’un pour l’autre, un amour pour leurs enfants, pour leur petite fille, et un amour de la vie si beau et grand. Je sais que cette grande force à permis à mon grand-père de rester si longtemps encore avec nous, alors que les médecins nous avaient préparé au pire. Maintenant, il est très fatigué, il a mal. Je voudrais qu’il se repose. Demain je vais les voir pour les aider un peu. Ils ont enfin accepté un peu d’aide.

Bien sûr, j’aurais voulu passer encore beaucoup plus de temps avec eux, avec lui. Pour qu’il me raconte son enfance dans la Belgique d’avant-guerre, pour qu’il me raconte son adolescence de jeune jardinier pendant la guerre, pour qu’il me raconte encore et encore la rencontre avec Marraine, si belle et jeune. J’aurais voulu entendre le récit du grand voyage en 1952, cette traversée avec deux enfants sur un grand paquebot, l’arrivée dans un Québec rural, les temps plus difficiles, puis ses succès, le bon travail trouvé à l’usine, la maison, l’arrivée de ma tante, puis sa carrière de Maire de municipalité. Qu’il me raconte aussi toute sa fierté et sa force d’avoir si bien servi sa communauté pendant 30 ans.

J’ai la chance de très bien connaître mes grands-parents, d’avoir passé de nombreuses heures à les écouter me raconter toutes leurs histoires passionnantes. C’est un cadeau magnifique, une richesse infinie de les avoir eu dans ma vie toujours si près de moi, de les avoir comme amis, en toute confiance, avec tout cet amour. Je connais déjà bien toutes ces histoires incroyables qui ont tissé leurs vies, leurs drames, leurs voyages, leurs rêves, leurs espoirs. Je pourrais les écouter me raconter tout cela, avec de nouveaux détails, encore et encore. Mais ils peuvent se reposer, je connais bien l’histoire. Je vous la raconterai, un jour.

Tabou et blogue

Merci à Blogger qui a enfin amélioré son service. J’ai pu enfin mettre des mots clefs qui permettront de se retrouver dans mes archives. Je n’ai vraiment pas fini de revoir mes textes afin de les indexer, mais j’en ai fait une partie. Au hasard, un peu. Mais en même temps j’ai relu des textes, évidemment. Et c’est très curieux de revoir ainsi mes trois dernières années de vie à travers mes pensées, mes préoccupations, mes réalisations, mes humeurs, mon nouvel amour.

En même temps, je ressens une étrange culpabilité. Tout ce temps passé à écrire pour moi, finalement. Alors que des gens ont besoin de moi, alors que je pourrai être utile ailleurs. Alors que j’aurai pu faire tant et tant de choses de ce temps passé à écrire. Mais j’ai écrit, voilà, c’est fait. Complètement inutile de penser à ce que j’aurai pu faire de tout ce temps.

Je me sens blues ce soir. Je pense aussi à tout ce dont je n’ai jamais parlé sur ce blogue. Les tabous, les retenues, les discrétions pour les autres. Il y en a peu. Mais quand même, il y a un territoire dont je ne parle jamais. Et, étrangement, c’est un vaste territoire de moi-même. Et ce soir, j’ai envie d’en glisser un mot.

Je ne parle jamais, sauf à demi-mots, de ma famille. Oui, je parle souvent de « ma petite famille », c’est à dire de mon chum et de ses enfants. Non, je parle ici de famille plus élargie. Mais pas si large; je veux dire mes parents, mes grands-parents. Je suis très proche d’eux. Ma pudeur tiens au fait que je sais que cette famille élargie me lit (mes tantes ici, mes cousines belges, etc). Mais qu’est-ce à dire? C’est très étrange, car je suis incapable d’écrire autours d’eux, sur eux. Ceci n’est pas un journal intime, après tout! Alors pourquoi cet élan étrange et soudain pour révéler des pans de ma vie que j’ai toujours gardés diplomatiquement clos?

J’ai simplement envie de leur témoigner de mon amour, de mon support, à travers mon univers bloggien. Mon grand-père, qui est mon Parrain, est malade. Il termine doucement sa vie, qui fut riche et inspirante. C’est un homme que j’adore, que j’admire. Le voir souffrir est difficile. Se sentir impuissant devant la maladie de l’autre. Voir ma Marraine chérie (c’est ma grand-mère) souffrir à sa façon de cette situation qu’elle se refuse d’admettre, est aussi très difficile. Je tente de supporter ma mère du mieux que je peux dans cette épreuve. Je me sens maladroite, inutile. Et je voudrais aller les voir plus souvent. Je me sens coupable d’écire ces mots plutôt que d’être avec eux.

Je me sens coupable aussi car je voulais faire un film sur Parrain, qui a tant à raconter sur sa vie incroyable, et je ne l’ai toujours pas fait. Il est fatigué et malade. Ma caméra serait une intruse malvenue? Je ne sais pas. Il m’a dit bien vouloir me raconter sa belgique natale, la guerre, l’immigration, puis ses 25 ans à la mairie de son village au Québec. Mais en aura-t-il l’envie, la force? Quoi qu’il en soit, ses histoires m’habitent, m’habiteront toujours.

Le rôle de belle-mère

Je suis « belle-mère » (je déteste ce nom; c’est un nom qui évoque une mini-vadrouille) depuis plus d’un an maintenant des trois beaux enfants de 9, 11 et 13 ans de mon chum. Je ne sais pas si c’est l’entrée des enfants dans l’adolescence, ou mon autorité qui s’effrite, mais la dynamique a changé depuis peu. Je me pose la question: dois-je m’effacer (c’est pas évident de répéter 150 fois la même chose…) ou dois-je sévir avec plus d’autorité? Ils me respectent et m’aiment, sans contredit, mais ils ne m’écoutent plus comme avant… La nouveauté est passée, j’ai perdu mon pouvoir magique de « nouvelle belle-mère-super-cool-mais-stricte ». C’est peut-être une phase. Je dois m’ajuster pour ne pas m’épuiser à trop vouloir en faire. J’ai quand même eu un changement de statut drastique dans ma vie. De trentenaire célibataire sur le plateau, je suis passée à belle-mère de trois enfants (grands) en banlieue! Heureusement que j’avais toujours rêvé d’une grande famille!

Je me souviens de vendredi soirs où je soupais toute seule avec la radio ou la tivi pour seule compagnie. Il y a quelques années, bien avant le succès populaire de la toune de mes Aïeux, j’écoutais, atablée seule dans ma petite cuisine rouge, la désormais célèbre chanson « ton arrière-grand-mère, elle a eu 14 enfants (…) pis toé dans ton p’tit 3 et demi (…) tu rêves d’une grande table entourrée d’enfants » et j’éclatai en sanglots. J’étais seule, sans amoureux, à foncer dans ma trentaine, sans aucune possibilité d’avoir des enfants dans ma vie. À la même période, je me souviens avoir confessé à ma Grand-mère, qui a eu 7 enfants, que j’aurais été heureuse avec une grosse famille à élever. Quelques années plus tard, voilà que la vie me sert sur un plateau d’argent ce que j’ai demandé haut et fort, avec conviction. C’est merveilleux. Faut simplement que je m’adapte…

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Je sais bien que Nicolas Langelier n’apprécie pas que je raconte mes rêves, mais il n’a qu’à ne pas lire ceci.

Je fais des rêves épuisants et assomants ces temps-ci. Cette nuit, je me suis fait attaquée par une lionne… Tellement belle et agressive. Le rêve était très réel. Le plus étrange, c’est que bien que la peur me tenait au ventre, ce n’était pas complètement désagréable d’être en compagnie de cette belle bête puissante. Et puis j’avais ma stratégie pour me protéger.