Aléas

La vie est faite de choix. Ces choix déterminent qui nous sommes, nous façonnent, nous définissent. La vie est faite de hauts et de bas. Notre attitude face à ces modulations détermine notre niveau de bien-être. Une même situation peut-être dramatique et négative, ou constructive et positive, selon notre vision. La puissance de ce choix est foudroyant, transformateur.

Aujourd’hui il pleut. C’est très joli, et très bon pour les jardins.

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Les connards sont parmis nous

J’ai toujours été doucement féministe. Je suis féminine et féministe. Je suis une féministe de la fin du siècle dernier (!), mais je n’ai jamais brûlé de soutif en dansant au bord d’un feu en criant: « libération ». Non. J’ai 33 ans, je suis donc d’une deuxième, voire d’une troisième génération de féministes confiantes. Je n’ai jamais eu à me battre pour gagner mon droit de vote ou mon accès à l’éduction. J’ai même eu le luxe de choisir une profession plutôt réservée aux hommes. Je ne me suis jamais sentie mise à part à cause de mon sexe. Je me suis parfois sentie « agressée » par des hommes en mal de pouvoir, mais rien de bien grave: des bousculades, des avances déplacées, des charmeurs maladroits, des nus-vites de banlieue. Les hommes québécois sont eux-mêmes généralement assez féministes. C’est d’ailleurs ce qui cause leur crise identitaire, en mal d’identification masculine forte. Ceci est un autre débat. Je voulais vous partager quelques anectodes peu rassurantes: aujourd’hui je viens d’avoir des signes que la connerie machiste est toujours bel et bien vivante.

Bel après-midi d’automne, je marche sur le trottoir. Il fait frais et vif, je marche d’un pas rapide. J’entends un « pssst, pssst » qui attire mon attention. Je lève la tête en direction du bruit. Et là, horreur: un atroce vieux bonhomme me tire la langue, penché à sa fenêtre pour observer les passantes. Non, ce n’est pas une grimace qu’il me fait. C’est une démonstration tout sauf sensuelle de son appétit de vieux branleur. Il agite sa grosse langue mauve en émettant des sons guturaux qui ressemblent à une imitation de vomissement de chameau en rut. C’est probablement son flou souvenir de ce qu’est un cunnilingus, mais j’aime mieux ne pas y penser car c’est moi qui va vomir sur ses souliers. Je passe mon chemin.

Et puis ce soir, je rentre chez moi en vélo. La soirée est agréable, la nuit sur Montréal tellement belle. Je file à pleine vitesse. Puis arrive un connard sur sa bécane. Il crie à tue-tête. Il génère un gros truck d’énergie négative. Je me rends soudainement compte qu’il m’adresse la parole, d’un ton faussement mielleux: « Hey chérie, tu roule plus vite que moé ». Non, c’est toi qui roule plus lentement. Et il remet ça: « Hey, viens donc avec moé, suis-moi… » Et spontanément, je voudrais l’envoyer promener de manière crue et vulgaire. Mais je tourne ma langue et lance: « Va donc faire une thérapie! » Au moins je l’ai fait rire, et de bon coeur.

Récit

Mardi 25 juillet. Pluie. Humide. Je me dirige vers mon écran et mon clavier, l’envie de poésie qui me prends soudainement l’âme, comme ça. Firefox. Vivre la vie. Liens. Blogues, blogues, lectures, fous rires, larmes, réflexions. La vie, la guerre, les tranches de vies de tous et chacun. La profondeur, la légerté, les commentaires.

Plongée en moi. La douceur de ma vie. La difficulté de celle des gens en zones de conflits armés. Retour à ma réalité. Coup de téléphone aux aimés, ceux qui sont vieux et malades. Mon cher Parrain qui vit encore des bonheurs, malgré son cancer qui l’affaiblit. Marraine pleine de sourires, malgré le tour en ambulance cette semaine, et la visite à l’hôpital à cause de son diabète. Pas drôle de viellir. Étrange pour eux d’entendre encore la guerre qui rugit au loin. Eux qui ont vécu la Deuxième Guerre Mondiale dans leur Belgique natale. J’ai entendu encore et encore les récits de Parrain et Marraine: les sirènes, les bombes, les SS, le bunker, les avions, les juifs qu’on cache, la résistance, la souffrance, le rationnement, les usines en Allemagne, l’exode, le café disparu, le clocher de Nivelles couché sur le côté, leur rencontre, leur mariage. Puis la reconstruction. Et leur traversée pour le Canada, avec deux enfants.

Toute leur vie fut marquée par la guerre de la fin de leur adolescence. Trop de vies sont marquées par des guerres. Pourquoi faut-il toujours masquer la beauté et la paix pour du pouvoir, de l’argent, des territoires?

Plus tard, la poésie. Enfin, elle est là quand même. La pluie tombe pour laver la terre. Il fait frais, pour rafraîchir mes idées. La musique quand même dans ma tête. Et dans mon coeur, mon grand Amour. Je vis ma vie qui n’est pas parfaite, mais j’aime parfaitement, et c’est très bien. Je suis si amoureuse que presque étourdie d’amour. J’ai hâte de prendre des Vacances avec Lui. J’en ai vraiment besoin, pluie ou pas.

Le printemps Montréal

Il s’installe enfin et ramène mon moral au beau avec ses rayons francs. Je le vois dans les regards que je croise dans la rue, comme si les humains vivaient à nouveau après l’hibernation. Une séduction douce flotte sur la ville. Dans les sourires, les têtes qui se tournent, l’énergie ambiante; tout est musique. J’entends à nouveau les arbres bruisser, les oiseaux et les chats se chamailler le territoire. La poussière se soulève pour nous pousser à aller voir plus loin là où tout est plus vert. Mais j’aime la métropole au printemps. La concentration humaine nous force à une proxitité tellement belle. Vous voulez jouer à un jeu du printemps? Observez les foules, les passants sur les troittoirs, les joggeurs dans les parcs, et gardez en tête que ce sont des animaux. Nous sommes animaux. C’est magnifique.

La fatigue

« À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu’ils font des choses sans arrêt. À ce qu’ils rendent impossible l’entrée en eux d’un repos, d’un silence, d’un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C’est pour fuir la fatigue qu’ils font toutes ces choses, et c’est en la fuyant qu’ils s’y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu’ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie. Entre eux-mêmes et eux-mêmes il y a une vitre. (…) La fatigue est en eux comme une nostalgie, un désir impossible. « 

Christian Bobin, Une petite robe de fête, Et qu’on le laisse en paix
collection Folio, édition Gallimar, 1991

Vision du bonheur

Pensée volée sur le site de Jacques Languirand:
 » La vie est ce qui vous arrive quand vous avez d’autres plans. La vie est dure et pénible, mais ce n’est pas une raison pour être désespéré. Une des quatre nobles vérités du Bouddha nous dit que «l’attachement est souffrance». Il y a une différence entre la douleur et la souffrance: la douleur est inévitable, la souffrance est optionnelle. La souffrance est ce qui arrive quand on lutte contre ce qui se passe. « 
La vision bouddhiste du bonheur: C’est plus simple que vous ne le pensez, Sylvia Boorstein, éditions Dangles.