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Les fauves (crise de la 40e?)

La nuit dernière j’ai rêvé à trois fauves blessés enfermés dans une cage. La symbolique voudrait dire que j’ai besoin de recul pour observer ma vie… « Fauves: Signifie que vous devez prendre un point de vue plus large sur votre vie ».

Je suis bien installée ici, dans notre nid Californien, à deux pas du Golden Gate Park de San Francisco. Nous avons maintenant quitté Montréal depuis quatre mois. Et je me suis donnée comme objectif de reprendre l’écriture plus sérieusement cette année, et de développer de nouveaux projets de vidéo et de création sur le web. Les projets vidéo que j’avais apportés avec moi sont maintenant terminés, livrés. Je pourrais me lancer à la recherche de contrats ici, mais je me force à faire le point (pas à cause du rêve, mais bon). Le temps passe, et les remises en question ne cessent pas, semble-t-il. Quelle est ma voie? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi? Qu’est-ce que je veux accomplir? Dans quelle direction dois-je aller? J’entends une voix qui murmure encore faiblement, mais je sais que c’est elle que je dois écouter. Je dois foncer, être audacieuse et surtout disciplinée!

On gaspille tellement d’énergie à penser à ce qui aurait pu être. J’observe le parcour des autres, et je les trouve inspirants. Mais c’est leur voie, et je dois trouver la mienne. J’ai souvent fait des projets vidéo à petite échelle, et cela me laisse l’impression que je n’ai rien accompli. Je me dis alors que je devrais changer de cap. Un chapelet de professions me traversent l’esprit, et je me questionne si je dois aller dans cette direction: massothérapie? enseigner le yoga? m’ouvrir un restaurant? une boutique? faire de la création d’objets à partir de matériaux recyclés? faire de la radio? travailler dans le milieu écologique? … je cherche ma place dans le monde, en mode profil bas. Je veux éviter le stress, la pression folle induite dans notre société de performance. Je me sens bien, mais j’ai l’impression d’avoir manqué ma ‘carrière’, ou de passer à côté de quelquechose. Comme si tout mon potentiel n’avait jamais vraiment été révélé. Je sens que j’ai tant à donner au monde…

Je suis une bête étrange. J’ai toujours été solitaire dans mon travail, alors que je suis sociable à l’extrême dans la vie. J’aurais pu faire carrière dans des boîtes de multimédia ou en télévision, et je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait. Ce n’est pas arrivé, je ne l’ai pas cherché, trop occupée à autre chose. Mais aujourd’hui, je cherche encore ma place dans le monde. Depuis le début de mon parcour professionnel, j’ai eu de belles périodes prolifiques, des moments de ‘flow’ où je me sentais tout-à-fait à ma place. Mais ces moments sont en équilibre précaire dans mon chemin de pigiste, toujours funambule sur le fil de nouveaux projets. Des cycles de création qui s’étirent sur quelques mois ou quelques années mais qui se terminent relativement vite (par rapport à un travail dans une compagnie, par exemple). Je ne suis pas certaine d’avoir véritablement progressé…

Paradoxale, vous dites? Je livre ici mes doutes, mais je cueille aujourd’hui le fruit de mon travail des derniers mois. Lundi à 21h sera diffusé à Télé-Québec (au Québec seulement) le documentaire From Montréal sur la scène musicale montréalaise que j’ai réalisé. Je suis vraiment fière de ce projet, un beau travail d’équipe. Je me suis follement amusée à faire ce projet, dans un contexte idéal. Mais réaliser du documentaire, ça vous tombe pas dessus tous les jours…

Ma vie à San Francisco

Faire le saut. Décider de partir. Même quand on aime sa ville. Même quand on aime sa vie. Se lancer dans le vide. Partir. Quitter Montréal pour San Francisco. Au moment d’un changement social. Avec en mémoire un cliché magique de sa ville qui bouge. Les carrés rouges en mémoire. Laisser des amis précieux derrière à Montréal. Atterir ici. Californie. Avec mon Grand Amour. Apprivoiser le nouveau. Refaire un nid. Savourer la lune de miel #383. Sentir un quartier. Aimer l’énergie. Aimer les gens. Se sentir accueillie. Voir ce qui est possible. Voir venir. Prendre du recul. Rêver. Terminer des projets. Pour pouvoir en commencer de nouveaux. Vivre une pause. Regarder les gens aller. Être témoin de la cicatrice de l’Amérique. Voir le fossé entre riches et pauvres. Témoigner. Se laisser imprégner de l’air salin. La tête dans la brume des matins de Frisco. Chercher l’inspiration dans l’air frais. Vivre. Attendre le rythme. Refaire son nid. Aimer. Faire le rythme. Aller de l’avant. Attendre. Devenir patience. Se grounder. Savourer.

Retrouver la joie

Une fois les tempêtes passées, la vie pour moi ne veut pas dire le calme. Le bonheur est résolument dans l’action, dans les vagues qu’on surfe avec délectation, dans les mouvements avec lesquels on danse, dans l’ondule de cette vie qui bouge, vibrante. Cette façon de vivre me ressemble davantage, et j’apprécie les moments de tranquilité et de contemplation à leur juste valeur. Je le savais, mais maintenant je l’ai vérifié, l’inertie me tue à petit feu. Mon sourire est franc, mon coeur bat, ma tête s’active. Je me suis retrouvée.

Rongeurs urbains indésirables

Les squirels-angels contre-attaquent: ils ont dévoré mon chèvrefeuille grimpant et minent mes plus beaux bacs à fleur en éjectant les fleurs par-dessus le bac. J’étais attérée (autant que l’arbustre) quand j’ai vu le triste sort qu’ils ont réservé à mon superbe chèvrefeuille grimpant, qui cachait la vue à mes voisins en grimpant à 5 pieds de hauteur sur le treillis, couverts de fleurs orangées.Ils ont grignotté les fleurs, grugé les tiges à la base. Un désastre. Et ils ne se nourissent pas de ces plantes, ils abandonnent plutôt les tiges cassées et les fleurs fannées sur le lieu du carnage, sans plus de ménagement. Que veulent-ils? Ils ne cachent aucune noix dans la terre. Leur démarche semble bien inutile à mes yeux, et apparait uniquement comme un acte destructeur. C’est comme une sorte de violence gratuite animale.

J’en ai vraiment marre. J’ai tout essayé: piment de cayenne en vaporisateur (ils semblaient aimé cela), piment broyé (aucun effet), cheveux humain (éveille leur curiosité), fumier de poule. J’ai même l’impression que lorsque je fais des efforts pour les chasser, ils redoublent d’ardeur. Ils sont gros et agressifs. Je sais que les Améridiens font de l’écureil grillé. L’idée me rebute, mais c’est peut-être délicieux…

Des idées pour faire fuir ces méchants écureuils de ville?

Grand Pic




Nous avons eu un très beau visiteur devant chez nous ce matin.

Ce grand pic a commencer à creuser l’érable devant la maison. À vrai dire, il a passé la journée à creuser l’érable, jusqu’à faire un trou très grand (20cm x 30 cm). Il cherchait à casser la croûte (sans jeux de mots), et semblait avoir trouvé l’endroit idéal. Il se régalait des petits insectes trouvés sous l’écorce. Je me demande si il va revenir demain. Malgrés tout l’attroupement des voisins (au moins 30 enfants du quartier, pas du tout silencieux) l’oiseau de tiquait pas, continuant sa besogne sans relâche.

Mais creuse-t-il son nid? Avec mon grand esprit romantique, je laisse voguer mon imagination, et tire des conclusions prophétiques de cette visite surprenante en ville. Cet oiseau annonciateur est peut-être un signe pour nous dire d’achetter cette maison, et d’y faire notre nid!

Le public devant la grande vedette du jour!

Le bonheur est assis (dans mon salon)

Note pour débuter: Il est 19h40, je n’ai pas soupé, je rentre du travail après un trajet d’autobus absurde dans la tempête hivernale montréalaise, prisonière de l’autobus qui faisait du surplace dans la neige pendant plus d’une heure et des haleines fétides des autres passagers (et à me battre avec un journal aux pages trop grandes pour être tournées sans déranger 4 personnes dans l’autobus bondé). J’ai décidé d’écrire ce billet tout d’un trait, après des mois de disette littéraire ici. C’est comme ça, bon. Je devrais être en train de faire le souper. Mais non, j’écris ici.

On ne peut pas s’assoir sur son bonheur, c’est bien connu. Mais le bonheur peut s’assoir dans notre salon, moi je le sais. La preuve: il est bien calé dans mon divan vert (en coin). Il prend toujours le coin. Moi je prends l’autre. C’est ça qui est bien avec les divans en coins. Ils ont plusieurs coins. Donc il y a davantage de place pour le bonheur. Et il y a même de la place pour étendre ses jambes dessus, bien confortablement.

Un grand divan comme ça est parfait pour une famille. Ça tombe bien, j’en ai marié une, une famille. En fait j’ai marié un homme qui avait déjà une famille. Trois enfants en fait. Mais ils sont assez grands, ils entrent de plein fouet dans l’adolescence (en fait le petit benjamin entre au secondaire), donc ils viennent moins s’assoir sur notre divan vert. Ils sont souvent ailleurs. C’est comme ça la vie. Donc moi je me dis que maintenant que j’ai un bonheur avec un grand divan, faut bien faire une nouvelle famille pour mettre dedans.

Tiens, la voisine en haut du divan vert commence à jouer du piano. C’est drôle, moi qui ai tant demandé un piano, j’en ai un, en quelque sorte. Comme la famille. Ma voisine d’en haut joue assez bien, des choses jolies et douces, comme j’en jouerai si je savais. Mais je ne sais pas, ou pas encore, et je n’ai pas de piano. De toute façon, elle en a un, et elle joue ses choses jolies, bon. Mais je divague. Revenons à mon bonheur dans son divan.

Maintenant que mon bonheur est bien assi dans mon grand appartement d’Outremont, je suis arrivée là où je voulais être. J’ai franchis l’étape cruciale de rassembler mon énergie, éparpillée depuis longtemps dans diverses quêtes. Quête de l’accomplissement professionnel et artistique, quête de l’amour, quête de l’équilibre, quête du lieu de vie rêvé. Voilà. Maintenant je suis dans une quête où je ne peux vraiment aller chercher l’objet moi-même. La quête d’avoir un enfant. Je dois être passive (dans le sens d’attente psychologique, pas dans le sens physique de la chose, entendons-nous bien). Je dois psychologiquement ne pas attendre l’enfant. Ouf. Méchante affaire.  » Comment on fait ça docteur, ne pas attendre d’enfant quand on voudrait en attendre un, histoire de ne pas mettre de pression indue sur les chances de conception? » Ichhh. Je ne sais pas. Faut rien faire, laisser faire, et le faire (dans le sens de).

Première stratégie, glanée auprès d’amies fertiles et mères (ou enceintes jusqu’aux yeux): faut le faire aux deux jours. Conseil en prime: « tu as un thermomètre? ». Ok. Réctification du gényco, deuxième stratégie: faut le faire le plus souvent possible. Ok. Noté. Moi: « Chéri, on esssaie? » Un homme est toujours heureux de se faire demander de faire l’exercice de procréation le plus souvent possible (genre vraiment souvent, ce qui fait monter l’indice de bonheur masculin, et féminin par la bande, sans jeu de mot douteux). Mais bon, je ne suis pas une machine non plus. Troisième avis de mon ostéopathe (plein de bon sens, prône le naturel): « il faut laisser monter le désir. Et vous voulez un conseil en prime? (ben tiens, j’en manquais justement de conseils) Laissez tomber le thermomètre, ça met de la pression indue. » Ahhh. Ça j’aime bien. Donc mon termomètre s’enpoussière, et mon désir monte. Tout va bien.

Sauf que… dans la réalité, à chaque fois que l’évêque arrive en ville (pour reprendre une jolie expression d’une autre époque): déception. C’est immanquable. colère, déception, pointe de tristesse. Comment ne pas tomber dans le panneau? Je ne sais pas. Rester zen, ce n’est pas dans ma nature naturelle: il faut que je travaille fort pour y arriver. C’est plus naturel chez mon homme, fort heureusement. Disons qu’il faut que je me calme le ponpon: j’ai 34 ans, et nous essayons d’avoir un enfant depuis seulement quelques mois, suite à une délicate opération pour renverser une vaséctomie. Calme. Respirons par le nez. En attendant, je savoure mon bonheur dans mon divan.

Reprendre la plume

Ça fait du bien de pouvoir écrire. Simplement des mots simples et petits. Ou des longs textes si ça me chante. J’ai tellement de poèmes en tête que ça sort en onomatopées. Woup woup. Ce soir, je suis comme ça. Parce que. C’est tout. Je suis contente car j’ai une impression de calme après la tempête de la fin de l’été et du début de l’automne. C’est fou, j’ai même l’impression d’avoir vieilli. Comme ça, ça nous tombe dessus. Bagn! On me demande mon âge, et j’hésite à répondre. Et non, pas pour le cacher, non. Parce que je ne sais plus. Tout va trop vite, et je perds le compte. Il faut que j’arrête, que je réfléchisse. 1974. J’ai 34 ans. Ben oui. Hey! Ho! Commence à être tant que tu aies un enfant, ma vieille.

J’y pense depuis plusieurs années, mais la conjoncture n’avait jamais été bonne. Tandis que là… Mais j’hésite à en parler. C’est comme un ultime tabou à partager sur un blogue pour moi. Je n’en ai jamais fait mention ici. Mais pourtant, je voudrais tellement avoir un enfant. Je suis mariée avec un homme qui en a 3, mais ils sont à lui. Et il en veut encore avec moi. Ses enfants sont grands, mon homme est encore jeune, donc tout est possible. Mais mon ultime tabou est de parler ici de mon désir d’avoir un enfant. Est-ce que d’en parler diminue les chances d’en avoir un? Est-ce que de partager ce désir provoque une pression indue sur la future mère? J’ai décidé de plonger, car je parle maintenant pour la première fois ici de cet enfant que je voudrais. En même temps, si cela ne m’arrive pas, ce ne sera pas un drame. Faut bien accepter ce que la vie apporte.

Bientôt la nouvelle vie!

Nous sommes heureux et comblés. Les enfants sont comme des petits oiseaux qui font chip-chip-chip avec des sourires dans leurs chansons. Ils sont tout-à-fait prêts pour ce déménagement en ville, dans un joli quartier familial. C’est incroyable de penser qu’il y a un an, ils proclamaient haut et fort leur mécontentement devant nos projets de déménagement urbain « éventuel »: «nous ne voulons pas quitter Bois-des-Filion, oposition totale après cocus familial» (le cocus familial, c’est leur trio). Nous avons été patients, en leur expliquant comment se déroule la vie en ville; ses avantages, ses agréments, ses parcs, ses boutiques chouettes de tous les pays, ses petits restos, ses lieux culturels, son architechture, ses quartiers si divers, les gens qu’on y rencontre, tous les amis qu’on peut s’y faire, la multitude d’activités possibles… Amoureuse de Montréal comme moi, la tâche fut sans douleur, et les arguments très faciles à comprendre (et persuasifs). Le plus gros avantage serait d’y retrouver leur papa plus tôt, car le retour à la maison se fera pour lui en 20 minutes, plutôt qu’une heure trente. Pas négligeable, quand même. Surtout quand on a un papa comme le leur, on a envie de l’avoir plus souvent avec nous…

Quand à nous (les adultes du clan), c’est le dénouement d’un chapître de notre vie, pour en débuter un nouveau. C’est en fait le chapître premier d’un nouvel épisode! Je vous écris depuis mon portable dont j’ai oublié la souris à « l’autre maison » et c’est la dernière fois que ça arrive!
[ J’ai aussi oublié les tomates pour me faire mon dîner dans « l’autre » frigo, et un papier à faxer sur « l’autre » bureau, mes vitamines sur « l’autre comptoir » et mon baume à lèvres dans « l’autre salle de bain » – j’exagère à peine]. Bientôt, tout sera dans un seul lieu; terminé les objets, les papiers, la nourriture « oubliée » à l’autre endroit. Je soupire d’aise. Il y aura une place libérée dans ma tête pour faire autre chose que de la planification domestique de gestion des déplacements des objets, des documents et des personnes. C’est comme l’abolition d’un ministère inutile pour distribuer les ressources plus efficacement.