Archives du mot-clé Quotidien

Discipline et détermination

J’aurais aussi pu écrire motivation et focus. Ou acharnement et concentration. Mais le résultat est le même: me concentrer pour travailler au développement d’un nouveau projet pour le web et la télévision qui me tient à coeur. Je dois rassembler mes notes pour faire un texte clair et structuré. Depuis trop longtemps, je n’arrive pas à me contraindre à cet exercice. Pourtant c’est un projet important, motivant, qui m’emballe. Et je dois le faire maintenant pour ne pas manquer le bateau. Car en septembre je commencerai un nouveau travail pour la télévision qui me laissera peu de temps pour l’écriture de nouvelles idées. Donc avec motivation et détermination, je dois me mettre sérieusement au travail. Ce matin j’ai décidé d’un objectif précis, cela devrait m’aider.

Mais, sans vouloir me donner des excuses à moi-même, je comprends mon éparpillement. Après ma quête intensive d’un nouveau logement pour ma tribu, j’ai complètement réussi ma mission. Le bail est signé pour un superbe grand appartement dans un quartier familial très joli, et le tout à prix très abordable (incroyable, mais vrai!). Après une quête de plusieurs semaines (euh… mois), un nombre incalculable de visites, nous sommes parvenu à affirmer de plus en plus clairement nos besoins et nos priorités, ce qui a aidé à trouver notre perle rare. Je suis maintenant comblée. J’ai trouvé la paix (et une grande fébrilité à l’idée de combiner enfin nos deux lieux de vie que nous occupions depuis 3 ans). Je devrais donc pouvoir me concentrer sur l’écriture de projet que j’ai à faire. Et pourtant, non.

Car maintenant nous entrons dans la phase de préparation du déménagement. Faire des boîtes, les changements d’adresse, faire du ménage, donner des trucs à gauche et à droite, préparer la vente de garage, imaginer les nouvelles couleurs, les nouveaux meubles à achetter, réserver le camion de déménagement. Je suis comme une fourmi. Mon esprit est tout à la préparation de ce grand changement dans nos vies. Je manque de focus pour penser à mon projet. Je butine sur le web à chercher le divan idéal, à visiter le site d’IKEA, à chercher le meilleur chemin pour l’école des enfants sur google map. Si mon travail était concret (comme un montage à faire, par exemple), avec une date butoir, j’y arriverai sans problème. Mais me concentrer à écrire un projet, à lui donner naissance sur papier, à le porter à bout de bras, c’est une autre histoire.

Bon, je vous laisse, je vais travailler. Pour vrai. Après publication de ce billet, je déconecte l’Internet. Discipline et détermination.

Changements

Pour ceux qui croient à ces notions, je pourrais dire que je nous sommes dans une période astrologiquement très chargée. Tellement de changements dans ma vie, dans nos vies, dans les vies de ceux qui sont près de moi. Changement de travail, d’environnement, départ, retours, nouveaux départs, deuils, transitions, déménagements, fin de projets, accouchements, voyages. La vie tourne à plein, à étourdir ceux qui ne sont pas solidement arrimés au sol. Je dois être forte et légère, savoir canaliser toutes ces forces telluriques qui pourraient m’emporter si je n’y prête pas attention.

C’est maintenant un processus en marche, nous allons consolider nos lieux de vie pour le début de l’automne, et s’établir en ville tous ensemble. Nous devons trouver un appartement pour 5 personnes (pour l’instant!), avec un jardin et une grande pièce commune. Adieu banlieue nord. J’ai tellement voulu quitter cet endroit, car le mode de vie ne correspond pas à ce que je cherche.

Mais maintenant, avec toutes les contradictions dont je suis capable, je considère les jolis côtés que je m’aprête à quitter. Les oiseaux nombreux dans cette région des basses-laurentides, mon parterre de fleurs et mes rocailles remplis de vivaces luxuriantes et heureuses, les grands espaces extérieurs, la rivière à proximité, la maison si lumineuse que nous avons joliement redécorée, la mobilité des enfants dans ces lieux si familiers, leur automonie dans ces lieux, l’espace de la maison, la cuisine à aire ouverte où nous adorons tant cuisiner tous ensemble et partager nos repas. Mais je quitte aussi tout ce qui m’a dérangé si longtemps: le mode de vie des banlieusards, le traffic, la distance qui me sépare de Montréal, le temps de voyagement, la pollution générée par nos déplacement, le coût de l’essence, la distance qui me sépare de mes amis, la maison qui ne correspond plus à nos besoins, le temps à investir pour entretenir deux lieux de vie, le fait de vivre à deux endroits et de se sentir éparpillé, la vie de quartier qui n’est pas celle de Montréal. Je dois accepter de partir, lâcher prise. Et trouver la perle rare d’appartement qui me fera oublier tout ce que je quitte…

Chercher la poséie

Entre les lignes, sur la route, derrière des casseroles à frotter, entre mon clavier et mes yeux, sous mes paroles triviales, face aux échéanciers, en mes billets d’avion, dans des colères vaines et futiles, dans des fleuves d’Amour, sur ta peau qui se repose, sous le son de tes doigts qui dansent sur le clavier, dans ton sourire si vaste parfois au soleil, dans nos coup de roues à sillonner la ville dans l’été, dans les rires des enfants qui résonnent de tant de complicités, dans les quelques jours qui nous séparent de la fin des classes, dans les rayons de soleil de juin, dans mes mémoires familiales nostalgiques, dans mon parterre fleuri que je devrai quitter avant l’automne, dans cette vaste maison que j’ai trop tant insultée car elle est si loin de la ville, dans des émotions si denses et légères, dans la complexité de celles-ci, dans des mémoires heureuses, dans des futurs que nous rêvons ensemble, dans mes angoisses presque ludiques, dans mon humour que je perd parfois, dans ton humour qui m’apaise tant, dans ma culpabilité étrange que j’aprivoise, dans les années qui passent si bien au fond, dans la légerté de ces mots comme un baume sur mes paniques quotidiennes, dans des espoirs pragmatiques de trouver notre toît sur l’île que j’aime tant, dans ma peur de blesser ceux que je vais quitter dans mon vieux quartier chéri, vers cette nouvelle demeure où nous trouverons une nouvelle paix, vers cet équilibre que nous cherchons à l’unisson, dans ces soirées familiales pleines de rire qui sont un elixir de bonheur, dans la vieillesse tranquille du soir qui tombe en souriant doucement, dans nos coeurs unis si bien de douceur et de tendresse, dans nos corps unis si bien de fougue et de passion, dans tous nos espoirs de donner la vie ensemble, dans tout cela et plus encore, j’aimerai bien retrouver ma poésie.

À fleur de peau

Je suis sensible. Je vibre. Le temps frais me rend encore plus sensible, étrangement. Je regarde les rayons de soleil qui font frémir les couleurs de mon orchidée mauve. Je suis comme elle. Je m’incline et je ferme les yeux sous le soleil, toute pleine d’espoir de jours plus chauds. Je suis amoureuse de la chaleur. Je ne sais pas pourquoi je frémis tant. Je laisse monter en moi une gamme si vaste d’émotion, c’est très intéressant à observer. Je suis riche de l’intérieur d’une impressionnante palette vibrante. Pour ouvrir davantage mes antennes créatrices, je me donne le droit de piger à même cette source vivante. Et le catalysateur de ma source émotive est la musique. Mon outil musical est ceci. Last.fm est une merveille pour les amoureux de la musique qui veulent découvrir et se laisser emporter. Aujourd’hui je plane sur le tag « piano ». J’aime le piano, si vous ne saviez pas encore.

Je suis aussi vibrante de bonheur, car aujourd’hui c’est l’anniversaire de l’homme de ma vie. Et de sa grande fille. Ce fut son plus beau cadeau, pour ses 21 ans. La belle a aujourd’hui 15 ans! Merveilleux anniversaire à tous les deux, et aussi à Dominique, dont c’est aussi l’anniversaire aujourd’hui!

Faire son nid

Nous vivons dans deux lieux. J’aimerai tout rassembler dans un seul endroit, histoire de cesser de répandre mon énergie à gauche et à droite. J’ai tout d’abord considéré cette situation de vie comme idéale: le luxe d’avoir le choix, d’avoir une varitété de lieux de vie. Mais cette période est révolue, et je suis trop amoureuse de la ville pour vivre en banlieue. Mais trouver un appartement assez grand pour une famille de 5 personnes, peut-être bientôt six (on l’espère), est-ce que c’est possible? Je sais que oui. J’ai très très hâte de trouver ce nouveau lieu.

Ma voisine Ginette

C’est le printemps. Non, je ne joue pas dehors. Je passe à l’action. Je fais du ménage. J’ai décidé d’abattre la liste de toutes ces minuscules choses que l’on remet à demain pendant… des années! J’ai décidé de me départir d’une collection de films sur cassettes VHS qui datent (abviously) d’une autre époque. Des très bons films. Des films oscarisés et palme d’orés. J’en ai fait cadeau à ma voisine Ginette. Ginette est un vériable personnage. Attachate et dramatique, elle sort tout droit d’une pièce de Tremblay. Irréductible gauloise dans le village du Plateau embourgeoisé, elle est fille d’un ouvrier de Saint-Henri, et elle a été ménagère (et sur l’aide sociale) toute sa vie. À la fin de la soixantaine, maintenant elle prend de l’âge et se soigne de ses multiples maux. Elle a une tendance lourde à être hypocondriaque, et insiste en roulant des yeux pour montrer TOUS ces bobos à ses auditeurs parfois mal à l’aise. Elle est toutefois un specimen rare d’un vrai « coeur en or » avec de l’amour à donner à la ronde de façon supra-démonstrative (à la limite du burlesque). C’est ainsi qu’il faut la préparer quand on lui fait un cadeau, car elle frise l’attaque et se transforme en fontaine de larmes. Elle adore le cinéma et la musique, et regarde avec intérêt les films de répertoire et les grands classiques que je lui refile. Je continue mon ménage, j’aurai peut-être d’autres trouvailles pour Ginette.

Culpabilité

Hier, on m’a demandé si je suis une personne qui a tendance à se sentir coupable. Ma réponse rapide, et très sûre de moi: « Non, je n’ai pas ce défaut. J’ai beaucoup d’autres défauts, mais pas celui-là. » Puis j’y repense. Honnêtement. Je doute, soudainement. Oui, à l’occasion je me sens coupable de dormir le matin – parfois jusqu’à 8h30, alors que tout le monde est debout depuis 6h45…-. J’ai certaines culpabilités « familiales » qui planent (je devrai, j’aurai dû, je pourrai…). Je me sens parfois coupable de ne pas faire ce que je m’étais promis de faire. Surtout que la vie apporte son généreux lot de millions de petites choses qu’il faut faire, que l’on doit faire, qu’il est primordial de faire. Et l’accumulation des retards (remettre le ménage à plus tard, remettre certaines réparations à plus tard, remettre un compte à payer à plus tard) rend toute situation beaucoup plus difficile à régler si on tarde trop. La discipline est donc la clef du succès. Mais pour moi c’est davantage dans l’action. Je me lève un matin, et je « clanche » une série de petits trucs qui trainent. Mais ce n’est pas très organisé, structuré. Je le fais, c’est tout. Ensuite, je me sens bien. Mission accomplie.

Tout est une question d’équilibre. S’accorder du temps est la clef du bonheur pour moi. Le temps de voir le soleil, de savourer ma tartine du matin avec mon journal, le temps de rigoler avec les enfants, le temps de cuisiner des bons petits plats pour ceux que j’aime, le temps de paufiner un montage pour en être complètement satisfaite. Mais si le temps se dilate, je me taxe de parresse ou j’ai la ferme impression de « perdre » du temps. Je me donne pourtant beaucoup de droit de me faire plaisir. Je m’accorde du temps à moi. Et oui, force est d’admettre que je me sens coupable à l’occasion. Mais juste un peu.

Petits et grands bonheurs

L’écriture se rattrappe: du manuscrit à l’écran

Ce matin j’ai sorti un cahier de cuir rose vif. Il m’a été offert à mon mariage par une amie qui aime écrire autant que moi. J’ai toujours eu de nombreux cahiers; remplis d’idées de projets, de listes de rêves de vie (oui oui, des listes), de rêves rêvés la nuits qui furent parfois prémonitoires (oui oui, chers sceptiques), de récits quotidiens en forme de journal intime, de récits de voyage en forme de confessions, de confidences à moi-même, de réflexions sur ma vie et certaines perspectives que je tentais d’y apporter. Mes cahiers ressentent un grand silence de ma plume depuis plusieurs années. C’est que je blogue, voyez-vous. Depuis que je tiens carnet ici-même, mon écriture manuscrite est réduite au silence, ou presque. Mon appétit des mots à écrire est satisfait de ce carnet virtuel, semble-t-il. Donc ce matin, j’ai sorti le cahier rose vif. Il est à ma droite, sagement en attente que ma main daigne prendre le feutre noir fin déposé à côté, et tracer quelques lettres, quelques mots, quelques phrases sur ces pages odorantes de papier recyclé. J’aime le papier, son odeur, le bruit qu’il fait quand une plume y trace son chemin. Mais depuis cinq ans mon écriture manuscrite s’est disloquée. Elle est maladroite, illisible. J’ai aussi réalisé lors de mon dernier voyage que je ressentais une certaine frustration en écrivant à la main. Je peux dire beaucoup moins dans le même laps de temps. C’est que j’écris beaucoup plus lentement à la main qu’avec ce cher clavier. Soupir. Pourtant j’aime écrire à la main. En fait ce que j’adore c’est la non-tyranie du réseau. Ce réseau qui dissipe la concentration de l’écriture: courriel, facebook, articles à lire, blogues à découvrir, site à explorer, flikr, last.fm, textes à écrire pour d’autres blogues. En fait le secret réside dans la discipline. Ne pas aller ailleurs. Concentrer et structurer mes activités.

Marraine: ma grand-mère déménage

Je voulais raconter la transition que vit ma chère Marraine (ma grand-mère maternelle), en deuil depuis bientôt un an. Elle vient tout juste de s’installer dans une résidence confortable et jolie, pour son bien, mais avec beaucoup de difficulté à quitter le passé. Elle s’accrochait à sa maison, ses souvenirs, comme autant de bouées qui la menaient tout droit à sa perte, s’emmurant dans un isolement néfaste. Elle faisait peine à voir, ainsi seule, exposée et vulnérable, dépendante et triste. Elle ne voulait pas partir, après tant d’années dans sa maison-musée (tant de souvenirs, de voyages, d’années de vie dans un même lieu). Elle se liait au vide, inventant avec toutes les raisons du monde la présence de son grand amour envollé. L’abscence physique de Parrain la fait si crellement souffrir. Nous avons dû l’emmener ailleurs, où des gens pourraient bien prendre soin d’elle au quotidien. Il le fallait. Pour la famille, le moment fut clef, bien sûr. Encore maintenant, j’ose à peine en parler du bout des doigts, car je ne voudrais en rien faire osciller les liens fragiles entre les aimés. Il est clair qu’un changement comme celui-ci occasionne son lot de tensions et expose les fragilités de tous, y compris de ceux qui se veulent les plus forts. Héritage familial de force et de courage, ces qualités se portent parfois comme un bouclier qui masque des douleurs enfouies. Unique petite-fille de mes chers grands-parents, j’ai une sensibilité particulière et un amour inconditionnel pour cette femme qui fut ma deuxième maman. Je respire enfin, car elle semble accepter un peu le changement. Elle mange avec appétit, semble se lier d’amitié avec les autres résidents, joue de son humour et de ses rires avec le personnel. J’espère qu’elle trouvera la paix et un peu de joie dans ces lieux, avec ces gens.

Je voulais raconter aussi mon voyage au Costa Rica, que j’ai choisi de livrer en photos. Les textes sont dans un cahier manuscrit, encore. J’espère que j’arriverai à déchiffrer mon écriture illisible.

Choix et doutes

C’est incroyable combien une seule conversation peut modifier notre état, notre pensée. Ce matin je discutais de ma situation professionnelle avec mon amie Rocio. Tout en lui parlant, tout est devenu clair, évident. Ma marche à suivre semblait toute tracée, je me sentais forte et sûre de moi afin de m’engager dans cette voie. Dommage que mes doutes soient revenus alors que je me trouve seule à jongler avec mes pensées. Puis j’ai reçu un courriel d’une autre amie, Madame A. Elle prépare un article sur les listes. Les gens qui font des listes. Des listes de projets, des listes d’objectifs, des listes de maisons à visiter, des listes de choses à faire avant de mourrir. Moi aussi j’ai des listes, mais j’avais oublié leur puissance dans des situations de doutes et d’ombrage. Je vais m’y remettre, les remettre à jour, les utiliser en détails. Merci, Madame A. de me rappeller l’importance de cet outil tout simple. Vous faites des listes, vous?