Grand Pic




Nous avons eu un très beau visiteur devant chez nous ce matin.

Ce grand pic a commencer à creuser l’érable devant la maison. À vrai dire, il a passé la journée à creuser l’érable, jusqu’à faire un trou très grand (20cm x 30 cm). Il cherchait à casser la croûte (sans jeux de mots), et semblait avoir trouvé l’endroit idéal. Il se régalait des petits insectes trouvés sous l’écorce. Je me demande si il va revenir demain. Malgrés tout l’attroupement des voisins (au moins 30 enfants du quartier, pas du tout silencieux) l’oiseau de tiquait pas, continuant sa besogne sans relâche.

Mais creuse-t-il son nid? Avec mon grand esprit romantique, je laisse voguer mon imagination, et tire des conclusions prophétiques de cette visite surprenante en ville. Cet oiseau annonciateur est peut-être un signe pour nous dire d’achetter cette maison, et d’y faire notre nid!

Le public devant la grande vedette du jour!

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Le bonheur est assis (dans mon salon)

Note pour débuter: Il est 19h40, je n’ai pas soupé, je rentre du travail après un trajet d’autobus absurde dans la tempête hivernale montréalaise, prisonière de l’autobus qui faisait du surplace dans la neige pendant plus d’une heure et des haleines fétides des autres passagers (et à me battre avec un journal aux pages trop grandes pour être tournées sans déranger 4 personnes dans l’autobus bondé). J’ai décidé d’écrire ce billet tout d’un trait, après des mois de disette littéraire ici. C’est comme ça, bon. Je devrais être en train de faire le souper. Mais non, j’écris ici.

On ne peut pas s’assoir sur son bonheur, c’est bien connu. Mais le bonheur peut s’assoir dans notre salon, moi je le sais. La preuve: il est bien calé dans mon divan vert (en coin). Il prend toujours le coin. Moi je prends l’autre. C’est ça qui est bien avec les divans en coins. Ils ont plusieurs coins. Donc il y a davantage de place pour le bonheur. Et il y a même de la place pour étendre ses jambes dessus, bien confortablement.

Un grand divan comme ça est parfait pour une famille. Ça tombe bien, j’en ai marié une, une famille. En fait j’ai marié un homme qui avait déjà une famille. Trois enfants en fait. Mais ils sont assez grands, ils entrent de plein fouet dans l’adolescence (en fait le petit benjamin entre au secondaire), donc ils viennent moins s’assoir sur notre divan vert. Ils sont souvent ailleurs. C’est comme ça la vie. Donc moi je me dis que maintenant que j’ai un bonheur avec un grand divan, faut bien faire une nouvelle famille pour mettre dedans.

Tiens, la voisine en haut du divan vert commence à jouer du piano. C’est drôle, moi qui ai tant demandé un piano, j’en ai un, en quelque sorte. Comme la famille. Ma voisine d’en haut joue assez bien, des choses jolies et douces, comme j’en jouerai si je savais. Mais je ne sais pas, ou pas encore, et je n’ai pas de piano. De toute façon, elle en a un, et elle joue ses choses jolies, bon. Mais je divague. Revenons à mon bonheur dans son divan.

Maintenant que mon bonheur est bien assi dans mon grand appartement d’Outremont, je suis arrivée là où je voulais être. J’ai franchis l’étape cruciale de rassembler mon énergie, éparpillée depuis longtemps dans diverses quêtes. Quête de l’accomplissement professionnel et artistique, quête de l’amour, quête de l’équilibre, quête du lieu de vie rêvé. Voilà. Maintenant je suis dans une quête où je ne peux vraiment aller chercher l’objet moi-même. La quête d’avoir un enfant. Je dois être passive (dans le sens d’attente psychologique, pas dans le sens physique de la chose, entendons-nous bien). Je dois psychologiquement ne pas attendre l’enfant. Ouf. Méchante affaire.  » Comment on fait ça docteur, ne pas attendre d’enfant quand on voudrait en attendre un, histoire de ne pas mettre de pression indue sur les chances de conception? » Ichhh. Je ne sais pas. Faut rien faire, laisser faire, et le faire (dans le sens de).

Première stratégie, glanée auprès d’amies fertiles et mères (ou enceintes jusqu’aux yeux): faut le faire aux deux jours. Conseil en prime: « tu as un thermomètre? ». Ok. Réctification du gényco, deuxième stratégie: faut le faire le plus souvent possible. Ok. Noté. Moi: « Chéri, on esssaie? » Un homme est toujours heureux de se faire demander de faire l’exercice de procréation le plus souvent possible (genre vraiment souvent, ce qui fait monter l’indice de bonheur masculin, et féminin par la bande, sans jeu de mot douteux). Mais bon, je ne suis pas une machine non plus. Troisième avis de mon ostéopathe (plein de bon sens, prône le naturel): « il faut laisser monter le désir. Et vous voulez un conseil en prime? (ben tiens, j’en manquais justement de conseils) Laissez tomber le thermomètre, ça met de la pression indue. » Ahhh. Ça j’aime bien. Donc mon termomètre s’enpoussière, et mon désir monte. Tout va bien.

Sauf que… dans la réalité, à chaque fois que l’évêque arrive en ville (pour reprendre une jolie expression d’une autre époque): déception. C’est immanquable. colère, déception, pointe de tristesse. Comment ne pas tomber dans le panneau? Je ne sais pas. Rester zen, ce n’est pas dans ma nature naturelle: il faut que je travaille fort pour y arriver. C’est plus naturel chez mon homme, fort heureusement. Disons qu’il faut que je me calme le ponpon: j’ai 34 ans, et nous essayons d’avoir un enfant depuis seulement quelques mois, suite à une délicate opération pour renverser une vaséctomie. Calme. Respirons par le nez. En attendant, je savoure mon bonheur dans mon divan.

Déserter un blog…

Je suis désolée chers lecteurs. C’est difficile pour moi de continuer à alimenter ce blog, où mon silence a pris de plus en plus de place. Mais je suis productive ailleurs! J’ai décider de concentrer mon énergie sur Le carnet de Yannick où mon approche est moins personnelle. Mais je suis bien là! C’est difficile de continuer à écrire ici, car je travaille maintenant à temps plein dans un bureau avec d’autres personnes. Ce boulot change ma façon d’être présente ici, en poésie et en réflexions, car on ne fait pas cela dans un bureau. En tout cas, être dans un bureau n’appelle pas la poésie en moi. Mettons. Quand mon bureau était à la maison, je construisais mon univers créatif, et l’évasion poétique de mon écriture me permettait de communiquer avec vous. Maintenant, non. Je fais autre chose.

Ce n’est pas parce que je n’écrirais plus jamais ici, non, non. Simplement une vague de silence. D’ailleurs c’est un mensonge, car je brise ce silence maintenant.

Reprendre la plume

Ça fait du bien de pouvoir écrire. Simplement des mots simples et petits. Ou des longs textes si ça me chante. J’ai tellement de poèmes en tête que ça sort en onomatopées. Woup woup. Ce soir, je suis comme ça. Parce que. C’est tout. Je suis contente car j’ai une impression de calme après la tempête de la fin de l’été et du début de l’automne. C’est fou, j’ai même l’impression d’avoir vieilli. Comme ça, ça nous tombe dessus. Bagn! On me demande mon âge, et j’hésite à répondre. Et non, pas pour le cacher, non. Parce que je ne sais plus. Tout va trop vite, et je perds le compte. Il faut que j’arrête, que je réfléchisse. 1974. J’ai 34 ans. Ben oui. Hey! Ho! Commence à être tant que tu aies un enfant, ma vieille.

J’y pense depuis plusieurs années, mais la conjoncture n’avait jamais été bonne. Tandis que là… Mais j’hésite à en parler. C’est comme un ultime tabou à partager sur un blogue pour moi. Je n’en ai jamais fait mention ici. Mais pourtant, je voudrais tellement avoir un enfant. Je suis mariée avec un homme qui en a 3, mais ils sont à lui. Et il en veut encore avec moi. Ses enfants sont grands, mon homme est encore jeune, donc tout est possible. Mais mon ultime tabou est de parler ici de mon désir d’avoir un enfant. Est-ce que d’en parler diminue les chances d’en avoir un? Est-ce que de partager ce désir provoque une pression indue sur la future mère? J’ai décidé de plonger, car je parle maintenant pour la première fois ici de cet enfant que je voudrais. En même temps, si cela ne m’arrive pas, ce ne sera pas un drame. Faut bien accepter ce que la vie apporte.

Bientôt la nouvelle vie!

Nous sommes heureux et comblés. Les enfants sont comme des petits oiseaux qui font chip-chip-chip avec des sourires dans leurs chansons. Ils sont tout-à-fait prêts pour ce déménagement en ville, dans un joli quartier familial. C’est incroyable de penser qu’il y a un an, ils proclamaient haut et fort leur mécontentement devant nos projets de déménagement urbain « éventuel »: «nous ne voulons pas quitter Bois-des-Filion, oposition totale après cocus familial» (le cocus familial, c’est leur trio). Nous avons été patients, en leur expliquant comment se déroule la vie en ville; ses avantages, ses agréments, ses parcs, ses boutiques chouettes de tous les pays, ses petits restos, ses lieux culturels, son architechture, ses quartiers si divers, les gens qu’on y rencontre, tous les amis qu’on peut s’y faire, la multitude d’activités possibles… Amoureuse de Montréal comme moi, la tâche fut sans douleur, et les arguments très faciles à comprendre (et persuasifs). Le plus gros avantage serait d’y retrouver leur papa plus tôt, car le retour à la maison se fera pour lui en 20 minutes, plutôt qu’une heure trente. Pas négligeable, quand même. Surtout quand on a un papa comme le leur, on a envie de l’avoir plus souvent avec nous…

Quand à nous (les adultes du clan), c’est le dénouement d’un chapître de notre vie, pour en débuter un nouveau. C’est en fait le chapître premier d’un nouvel épisode! Je vous écris depuis mon portable dont j’ai oublié la souris à « l’autre maison » et c’est la dernière fois que ça arrive!
[ J’ai aussi oublié les tomates pour me faire mon dîner dans « l’autre » frigo, et un papier à faxer sur « l’autre » bureau, mes vitamines sur « l’autre comptoir » et mon baume à lèvres dans « l’autre salle de bain » – j’exagère à peine]. Bientôt, tout sera dans un seul lieu; terminé les objets, les papiers, la nourriture « oubliée » à l’autre endroit. Je soupire d’aise. Il y aura une place libérée dans ma tête pour faire autre chose que de la planification domestique de gestion des déplacements des objets, des documents et des personnes. C’est comme l’abolition d’un ministère inutile pour distribuer les ressources plus efficacement.

Discipline et détermination

J’aurais aussi pu écrire motivation et focus. Ou acharnement et concentration. Mais le résultat est le même: me concentrer pour travailler au développement d’un nouveau projet pour le web et la télévision qui me tient à coeur. Je dois rassembler mes notes pour faire un texte clair et structuré. Depuis trop longtemps, je n’arrive pas à me contraindre à cet exercice. Pourtant c’est un projet important, motivant, qui m’emballe. Et je dois le faire maintenant pour ne pas manquer le bateau. Car en septembre je commencerai un nouveau travail pour la télévision qui me laissera peu de temps pour l’écriture de nouvelles idées. Donc avec motivation et détermination, je dois me mettre sérieusement au travail. Ce matin j’ai décidé d’un objectif précis, cela devrait m’aider.

Mais, sans vouloir me donner des excuses à moi-même, je comprends mon éparpillement. Après ma quête intensive d’un nouveau logement pour ma tribu, j’ai complètement réussi ma mission. Le bail est signé pour un superbe grand appartement dans un quartier familial très joli, et le tout à prix très abordable (incroyable, mais vrai!). Après une quête de plusieurs semaines (euh… mois), un nombre incalculable de visites, nous sommes parvenu à affirmer de plus en plus clairement nos besoins et nos priorités, ce qui a aidé à trouver notre perle rare. Je suis maintenant comblée. J’ai trouvé la paix (et une grande fébrilité à l’idée de combiner enfin nos deux lieux de vie que nous occupions depuis 3 ans). Je devrais donc pouvoir me concentrer sur l’écriture de projet que j’ai à faire. Et pourtant, non.

Car maintenant nous entrons dans la phase de préparation du déménagement. Faire des boîtes, les changements d’adresse, faire du ménage, donner des trucs à gauche et à droite, préparer la vente de garage, imaginer les nouvelles couleurs, les nouveaux meubles à achetter, réserver le camion de déménagement. Je suis comme une fourmi. Mon esprit est tout à la préparation de ce grand changement dans nos vies. Je manque de focus pour penser à mon projet. Je butine sur le web à chercher le divan idéal, à visiter le site d’IKEA, à chercher le meilleur chemin pour l’école des enfants sur google map. Si mon travail était concret (comme un montage à faire, par exemple), avec une date butoir, j’y arriverai sans problème. Mais me concentrer à écrire un projet, à lui donner naissance sur papier, à le porter à bout de bras, c’est une autre histoire.

Bon, je vous laisse, je vais travailler. Pour vrai. Après publication de ce billet, je déconecte l’Internet. Discipline et détermination.