Besoin de douceur et de beauté

Dans mon nouveau travail, je dois trouver des vidéos sur Internet. Je prends une pause de la réalisation pour cette saison, où j’ai accepté de travailler comme recherchiste pour l’émission Vlog à TVA.

Dans mon travail, je fouille le web à la recherche de perles. Sauf que je suis confrontée à la réalité: pour trouver des perles, il faut se tapper beaucoup beaucoup de vidéos très… douteuses. Toute la médiocrité, la haine, la violence, le mépris, la laideur que l’humain peut générer se trouve sur le web. Et quand on passe 40 heures par semaine à fouiller dans cette immense bouillie d’images et de sons, on en voit passer beaucoup. Heureusement, parfois aussi on trouve des petits rayons de soleil.

Comme ici, avec toute la joie des films de Bollywood. Parfois, j’aimerai être comme ce super-héros indien, et repousser la méchanceté et la laideur grâce à mes supers-pouvoirs de Yogini.

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Poésie web

Je vous invite à (re)visiter mon espace d’exposition sur le web, où vous (re)découvriez mes petits tableaux de poésie interactive et autres esquisses numériques. Je viens aussi de remettre en ligne le projet « carte blanche« , une exploration poétique interactive sur le thème de la lecture réalisée en 2002. Ce sont des mini-jeux poétiques exploratoires, ou la souris devient une étoile qui éclaire des mots, fait teinter des sons et des poèmes, des notes de musique. Découvrez les mots qui volent lorsque vous survolez certaines zones, puis revenez au carrefour central pour découvrir d’autres petits tableaux. Vous devez avoir le plug-in shockwave installé.

Métropolis bleu

Samedi matin dernier je participais à une table ronde sur la littérature électronique au Festival Métropolis bleu. J’ai quitté la maison en prenant avec moi quelques copies de mes oeuvres multimédia: Mordre et parenthése, Navigation et autoportraits, L’emportement et plaisirs, le film. En partant, j’ai confié à la grande que je n’aimais pas ce film, que je ne l’aimais plus. Trop sucré, trop de miel, trop de couleurs, trop de mots, trop de bonheur concentré, trop, trop. J’avais l’impression que l’écran suintait du miel quand le film jouait. Je suis partie vers le lieu de la conférence, mon livre-DVD de miel sous le bras. J’ai été accueillie avec émotion par l’animateur du panel. Bruno Guglielminetti m’a tendu la main à mon arrivée. Il m’a tout de suite dit qu’il a regardé mon film Plaisirs trois fois de suite, qu’il avait encore des frissons en y pensant, que c’était un film beau, touchant. Un film nécessaire, somme toute. Les larmes aux yeux, j’ai accueilli ses commentaires comme une réponse du destin à mes mots durs envers mon travail que j’avais prononcés quelques minutes auparavant.

Petits et grands bonheurs

L’écriture se rattrappe: du manuscrit à l’écran

Ce matin j’ai sorti un cahier de cuir rose vif. Il m’a été offert à mon mariage par une amie qui aime écrire autant que moi. J’ai toujours eu de nombreux cahiers; remplis d’idées de projets, de listes de rêves de vie (oui oui, des listes), de rêves rêvés la nuits qui furent parfois prémonitoires (oui oui, chers sceptiques), de récits quotidiens en forme de journal intime, de récits de voyage en forme de confessions, de confidences à moi-même, de réflexions sur ma vie et certaines perspectives que je tentais d’y apporter. Mes cahiers ressentent un grand silence de ma plume depuis plusieurs années. C’est que je blogue, voyez-vous. Depuis que je tiens carnet ici-même, mon écriture manuscrite est réduite au silence, ou presque. Mon appétit des mots à écrire est satisfait de ce carnet virtuel, semble-t-il. Donc ce matin, j’ai sorti le cahier rose vif. Il est à ma droite, sagement en attente que ma main daigne prendre le feutre noir fin déposé à côté, et tracer quelques lettres, quelques mots, quelques phrases sur ces pages odorantes de papier recyclé. J’aime le papier, son odeur, le bruit qu’il fait quand une plume y trace son chemin. Mais depuis cinq ans mon écriture manuscrite s’est disloquée. Elle est maladroite, illisible. J’ai aussi réalisé lors de mon dernier voyage que je ressentais une certaine frustration en écrivant à la main. Je peux dire beaucoup moins dans le même laps de temps. C’est que j’écris beaucoup plus lentement à la main qu’avec ce cher clavier. Soupir. Pourtant j’aime écrire à la main. En fait ce que j’adore c’est la non-tyranie du réseau. Ce réseau qui dissipe la concentration de l’écriture: courriel, facebook, articles à lire, blogues à découvrir, site à explorer, flikr, last.fm, textes à écrire pour d’autres blogues. En fait le secret réside dans la discipline. Ne pas aller ailleurs. Concentrer et structurer mes activités.

Marraine: ma grand-mère déménage

Je voulais raconter la transition que vit ma chère Marraine (ma grand-mère maternelle), en deuil depuis bientôt un an. Elle vient tout juste de s’installer dans une résidence confortable et jolie, pour son bien, mais avec beaucoup de difficulté à quitter le passé. Elle s’accrochait à sa maison, ses souvenirs, comme autant de bouées qui la menaient tout droit à sa perte, s’emmurant dans un isolement néfaste. Elle faisait peine à voir, ainsi seule, exposée et vulnérable, dépendante et triste. Elle ne voulait pas partir, après tant d’années dans sa maison-musée (tant de souvenirs, de voyages, d’années de vie dans un même lieu). Elle se liait au vide, inventant avec toutes les raisons du monde la présence de son grand amour envollé. L’abscence physique de Parrain la fait si crellement souffrir. Nous avons dû l’emmener ailleurs, où des gens pourraient bien prendre soin d’elle au quotidien. Il le fallait. Pour la famille, le moment fut clef, bien sûr. Encore maintenant, j’ose à peine en parler du bout des doigts, car je ne voudrais en rien faire osciller les liens fragiles entre les aimés. Il est clair qu’un changement comme celui-ci occasionne son lot de tensions et expose les fragilités de tous, y compris de ceux qui se veulent les plus forts. Héritage familial de force et de courage, ces qualités se portent parfois comme un bouclier qui masque des douleurs enfouies. Unique petite-fille de mes chers grands-parents, j’ai une sensibilité particulière et un amour inconditionnel pour cette femme qui fut ma deuxième maman. Je respire enfin, car elle semble accepter un peu le changement. Elle mange avec appétit, semble se lier d’amitié avec les autres résidents, joue de son humour et de ses rires avec le personnel. J’espère qu’elle trouvera la paix et un peu de joie dans ces lieux, avec ces gens.

Je voulais raconter aussi mon voyage au Costa Rica, que j’ai choisi de livrer en photos. Les textes sont dans un cahier manuscrit, encore. J’espère que j’arriverai à déchiffrer mon écriture illisible.

Récolte

Je viens de recevoir une pluie de compliments pour ma vidéo réalisée pour le Conseil des Arts de Montréal. On y voit tous les lauréats de cette année. Je les laisse parler de création. Beaucoup de grandes dames pleines de charisme, et deux hommes incontournables de notre culture d’ici.

[blip.tv http://blip.tv/play/Aa6WOgA%5D

Roulement de tambour… et le gagnant est: Dena Davida (danse)
Bravo!

Changement de saison

Je suis prête pour du neuf. Je termine tous mes projets, j’arrive à la fin d’un cycle de productivité. Je suis aussi en questionnement: qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant? Réalisation, montage? Télé, cinéma, web? Je dois faire le point, et refaire mes forces. Je dois me centrer avant de me relancer dans de nouveaux projets. Je suis assaillie de doutes sur la bonne voie à prendre. Rien de mieux qu’un peu de recul pour le faire. Avec le printemps viendront les fleurs et les nouveaux projets. Mais avant, il reste un peu de temps à hiberner…

Première du documentaire sur le solo 30×30

Neige dehors. Sale temps. Mais joli les flocons bien gras et généreux. FIFA, ONF, samedi soir, 19h. Je me dis: « personne ne va venir ». Et bien non. Salle comble. Presque. Joie. Je suis si nerveuse. Plus de deux ans depuis le début de projet. Dans la salle, des Grands: Françoise Sullivan, Louise Lecavallier, et d’autres que je n’ai pas vu. Un public avide de danse. Des amis amoureux de la danse. Des admirateurs du travail de Paul-André. La réaction est bonne. Pendant le film je sens l’émotion des gens dans la salle. Et après, pluie de compliments. Les gens ont adoré, ils ont trouvé le film très beau. J’ai eu des compliments sur la beauté des images, sur la justesse du montage. J’aime la danse et j’aime la filmer. Le mouvement est pour moi une écriture pure qui se compose dans le cadrage, la lumière, les couleurs, les textures. Des comliments aussi sur la superbe musique de Martin. Mission accomplie. La prochaine fois je ne ferai plus un film avec 10% du budget initial, promis.