Archives du mot-clé Réflexion

Dans le feu roulant de l’action, il y a des bribes de temps suspendu où je médite. La vie qui s’immisce entre les interstices de quotidien, entre les miettes de pain brûlé, la vie dans l’attente du prochain métro, du prochain rendez-vous, du prochain samedi qui revient. La vie dans le sourire d’une serveuse au café du coin, la vie dans la nonchalence des passagers de l’autobus, la vie dans chaleur torride des peaux fatiguées. La vie qui s’écoule doucement sur des lacs immobiles. La vie qui se fanne sur les ombres courbées de ceux que la vie épuise. La vie grouillante et explosive de l’enfance qui se déploie. La vie entre les soupirs déraisonnables des rongeurs d’angoisse. Pouvoir ralentir son souffle pour la tenir en laisse. Laisser couler le ciel comme une source vive. Laisser rouler la rosée sur les tracés de la vitre sale où j’ai dessiné ton coeur. Ne rien attendre. Ne plus rien attendre. Devenir un murmure aux yeux mi-clos. Savourer chaque bouchée comme la première. Étendre les odeurs opiacées des soucis sur des nattes de plage. Transformer l’amertume en couleurs délavées trempées dans des musiques vives, sous un soleil gorgé d’amour. Reprendre espoir au pas de course. Halleter coeur battant et saisir ce qui doit l’être. Laisser courber le roseau au vent des déraisons. Vivre la vie.

La poésie prend les parcs

Pour la dernière lecture de « La poésie prend les parcs » à Montréal pour cet été, on se paie un marathon de 25 lecteurs et lectrices.

Ça se passera le mardi 4 août à partir de 18h30 (dans le cadre de Parcs vivants) au parc Robert-Prévost (sur la rue St-Timothée, au sud d’Ontario). Le métro le plus près est Berri-UQAM et la rue St-Timothée se trouve une rue à l’est de St-Hubert, donc tout près du Cheval blanc.

Avec José Acquelin, Sébastien Blais, Pierre Demers, Jack Drill, Sébastien Dulude, Pascal Angelo Fioramore, Violaine Forest, Isabelle Gaudet-Labine, Yannick B. Gélinas, Christine Germain, Gabrielle Giasson-Dulude, Geneviève Gravel-Renaud, Marie-Paule Grimaldi, Émilie Hamel, Isabelle C. Kopajko, Catherine Harton, Annie Lafleur, Daniel Leblanc-Poirier, Caroline Louisseize, Danny Plourde, Dominique Robert, Myriam St-Denis, Stéphane Surprenant, Claudine Vachon et Aimée Verret.

Plus de details sur les Productions ARREUH : www.productionsarreuh.blogspot.com

Et sur Parcs vivants : www.ecoquartierst-jacques.org

Matin zen

Ce matin, réunion dans un petit café de mon quartier, j’y trouve de la musique live relax, en français, en anglais. Beau switch totalement montréalais. J’attends et c’est les autres qui sont en retard: j’aime. C’est très agréable pour une fille qui a l’habitude d’être en retard comme moi. Soleil plein la vitre. Zen. Je rencontre mon producteur et des musiciens pour un nouveau projet à naître. Je suis ici, avec l’odeur du café et des croissants, la musique tout en douceur qui habite les lieux, le soleil du printemps qui s’amène enfin. Et je me dis, la vie est belle.

Convictions

La solution pour résoudre les graves problèmes écologiques auxquels nous faisons face? Il faut simplement que chaque compagnie soit tenue véritablement responsable de son impact écologique et social, et que le gouvernement oblige les compagnies à respecter ces normes.

C’est très difficile de vivre avec des convictions fortes. Peut importe lesquelles. Les miennes sont écologistes, sociales et politiques. Bien à gauche sur l’échiquier. Mais ce doit être aussi difficile d’être à droite, je présume. Mes valeurs se rafermissent avec les années, en même temps que mes convictions évoluent au gré de mes apprentissages et mes expériences. C’est parfois difficile de contenir la rage qui monte en moi face à toutes ces absurdités destructrices mises en place par un système complaisant. Ce système de gouvernance et de consommation qui amène le peuple à bien dormir sur ses deux oreilles, sans déranger, sans lever le ton. Ce système ne nous appartient pas vraiment, il nous échappe. Mais je garde le rêve que nous pourrons un jour reprendre ce pouvoir, et changer les choses.

Ce matin, on fait le lunch aux enfants. On place leur sandwich dans un sac de lait réutilisé, emballé avec un élastique du journal La Presse (pourquoi tous ces élastiques gaspillés? Benjamin est rendu avec une collection de super-balles maison…). Tout petit geste, mais important pour nous. Je suis tellement heureuse d’entendre la grande affirmer qu’elle fera la même chose avec les lunch de ces enfants. Ce que j’espère, c’est que ces sacs plastiques n’existeront simplement plus. Il existe des solutions bien plus efficaces pour distribuer les aliments en créant moins de déchets. Des bouteilles consignées, par exemple. Ou des matériaux bio-dégradables.

La solution? Il faut simplement que chaque compagnie soit tenue véritablement responsable de son impact écologique et social, et que le gouvernement oblige les compagnies à respecter ces normes.

Les fleurs et les oiseaux (gris)

Pour ramener un peu de vie dans le béton de ma ruelle arrière, j’ai installé une mangeoire pour oiseaux. Elle n’est visitée que par des gros moineaux urbains, tous gris eux aussi. Les enfants disent que je suis raciste des oiseaux car je peste parfois contre mes gris moineaux. Moi je plaide que c’est la diversité dont je rêve, pas l’exclusion de mes moineaux de ville. Donc, pour attirer des Gros-becs, des Roselins et des Chardonnets, j’ai fait trois gros bacs de fleurs que j’ai posés sous la mangeoire. J’ai mis des géraniums, des fleurs blanches qui tombent en cascades, des capucines oranges et des cosmos roses et blancs. Tout cela devrait attirer un peu de couleur (je parle des oiseaux). Ce matin, je jette un coup d’oeil à mes fleurs et à mes éventuels visiteurs ailés. Grand éclat de rire. Que vois-je, caché derrière les gros bacs de fleurs? Un gros matou tigré, bien posté pour viser le moineau. Vous devinez la couleur du chat? Gris, hé oui, et quand même joli.

Achetter ou louer une maison?

Nous habitons un appartement que nous adorons, que nous avons déniché l’été dernier. Après un quête intense de ce lieu, au prix d’un déménagement titanesque, nous avons établis nos pénates dans ce nid idéal pour nos besoins. Les enfants se sont bien adaptés à la vie en ville, ils adorent notre appartement, et ils adorent le quartier. Bref, tout est merveilleux en ce bas monde.

Mais voilà que mes propriétaires nous annoncent qu’ils veulent vendre leur logement. Et que les futurs propriétaires auront la priorité, et pourraient donc nous déloger. Dire que je serais triste de quitter ce logement est un euphémisme. Je n’ai aucune envie de bouger d’ici! Donc, mon rêve serait d’achetter l’appartement. Il est clair que nous ne pourrions jamais achetter ce triplexe magnifique au coeur d’Outremont, sur une rue bordée d’arbres, calme, avec des superbes pièces spacieuses.

Et si nous achettons notre étage, qui seront nos voisins de condo? Je rêve de voir les deux autres étages occupés par des gens aimables, avec qui je partage mes valeurs et mes priorités. Il est temps de refaire le toît? Nous pourrions envisager la possibilité d’y faire un toît vert. La petite cours doit être rénovée? Pourquoi pas enlever le béton pour retrouver la terre, et y planter des fleurs. Sans parler du parterre avant, qui est une pelouse classique, et que je rêve de voir transformé en terrassement aménagé, d’inspiration japonaise. J’ai envie de cela, très fort. Mais pourrons-nous trouver le financement adéquat pour achetter? Et nos conditions de paiement nous prendrons-elle à la gorge? J’ai peur de perdre ma liberté de locataire, et d’avoir la responsbilité financière d’un logement. Mais en même temps, je sais que c’est le meilleur moment d’investir, et le bon timming pour devenir propriétaires…

Ce matin l’évaluateur s’est présenté ici. Nous saurons combien vaut ce logement, et si nous pouvons rêver de l’achetter…

Angoisses et montagnes russes

J’oscille sans cesse entre des bouillonnements créatifs de haute intensité, emportant dans mon sillage passionné des auditeurs heureux et convaincus (des bienfaits de mes théories), et des moments solitaires de grand désoeuvrement. Je me sens nulle, inutile, absurde. Pourquoi suis-je en proie à de tels égarements émotifs? Je me sens parfois lasse et fatiguée, ou alors survoltée et sûre de moi. Je suis comme ça. Ou je prend un médicament, ou je m’accepte. J’opte pour la 2e option. Heureusement que je partage ma vie avec un homme merveilleux, uniformément calme, qui me donne attention et patience sans limite, amour et écoute, peut importe mes délires.

Nouveau projet: passion cuisine du monde

Je préprare une série web-doc à propos de la passion de la cuisine, et des gens aux origines culturelles diverses. Je cherche des vrais passionnés de bouffe, qui sont aussi à l’aise d’en parler que de cuisiner. Si le projet va de l’avant, cela voudrait dire quelques heures de tournages, à suivre le/la passionné en train de faire ses emplettes, à cuisiner, et à partager le repas avec famille ou amis.

L’idée n’est pas de faire une émission de cuisine, mais plutôt un court documentaire social qui raconte notre lien à la nourriture, sous un angle multiculturel. Le projet est composé de plusieurs capsules. J’essaie de trouver des Québécois d’origines variées.

Les images seront alléchantes, il va sans dire. Et je veux aussi développer un volet web important pour mettre ces capsules en valeur.

Intéressés? Vous avez des idées? Dites-le moi ici dans les commentaires ou à yannick.gelinas@gmail.com

Retrouver le printemps

Le printemps dans mon nouveau quartier me fait sourire. J’apprivoise la saison douce et je découvre un lieu maintenant familier sous l’éclairage d’une saison nouvelle. Tout est bleu clair et doux, rose et neuf. Les bourgeons se pointent le nez, et le grand arbre devant ma fenêtre se réveille doucement.

Hier j’ai fait une entrevue pour un nouveau travail. Dans un lieu de création ou je pourrais avoir un rôle de créatrice. Tout va très vite. Moi qui retrouve mon lieu de travail à la maison après quelques mois dans un bureau à travailler pour la télévision, voilà que je pourrais quitter mon nid créatif à domicile à nouveau sous peu si la réponse est positive. Mais nous sommes des centaines à vouloir le poste… donc je dois être sereine, attendre la réponse, et l’accepter peut importe l’issue. En fait, je serai contente peut importe la réponse. Zen, la fille.

J’ai envie de voyage, comme à chaque printemps, je ressens très fort l’appel de la mer et du soleil. J’ai plusieurs projets en tête, et je ressens une certaine urgence à les faire. Peut-être que la mer attendra. Ou peut-être pas…

Identités multiples

Je suis ici et je suis ailleurs. Depuis plusieurs mois, je suis plus active sur yannickgelinas.com

Mon écriture sur Vivre la vie est fragile, sensible, personnelle. Ma parole sur mon Carnet de Yannick est celle de la réalisatrice, de la femme d’action, de celle qui se questionne sur les médias, la vidéo, l’Internet. Ces identités font toutes partie de moi. Et j’ai choisi de les diviser pour des raisons pratiques: certains lecteurs ne veulent pas rencontrer des vagues d’émotion, d’autres ne s’intéressent pas à mes réflexions technologiques. Tout à fait légitime. Mais ce n’est pas facile d’alimenter les deux. Donc j’alimente plus régulièrement mon Carnet, et je poste sporadiquement des billets ici.

Soupir.