Paresse et discipline de création

Joie. C’est mon thème pour cette nouvelle expo que je prépare.
Je vais sortir de l’écran, pour l’Agence topo. Pour une performance-installation de poésie.
http://www.sortirdelecran.ca/

Paresse

Je suis en train de me demander si je ne vais pas accueillir les gens en pyjamas dans la galerie d’art. Parce que je me sens terriblement paresseuse. J’aime dormir. Je trouve les oreillers blancs et les couettes de plume d’une incalculable poésie. Je trouve que les matelas confortables sont des nuages de paradis. J’aime ne rien faire, réfléchir à la lumière, écouter les gouttes d’eau qui tombent, le vent dans les fenêtre, la poussière qui danse dans le soleil. Je suis contemplative. J’aime aussi ne rien faire de façon constructive: lire mon journal (au lit), par exemple.

J’admire tous ces créateurs qui ont une discipline de fer: lever à l’aube, heures de rédactions de recherches planifiées, structurées, efficaces. Compte-rendus, rendez-vous d’affaire, planification, entrainement, cours de ressourcement, organisation. Zéro procrastination. Chapeau. Je n’y arrive pas. Je suis paresseuse. Certains en doutent car ils voient mon CV et une liste longue comme ça de projets, mais c’est de la poudre aux yeux: je fais des projets de création depuis 1996! Et même, avant ça si on prend en considération tous ces cahiers remplis de textes, d’idées, de scénarios, de projets, de chorégraphies, d’histoires, et surtout de poèmes que j’ai rempli depuis mon plus jeune âge. Heureusement, j’ai eu suffisament de cette foutue discipline pour trier et publier ce que je considère comme le meilleur de ces textes épars!

Marrathon de création

Je pense que je suis davantage une courreuse de fond de la création. Pour preuve: je termine enfin mon documentaire sur Paul-André Fortier et son solo 30×30. J’ai réalisé, monté et produit le film seule, avec l’argent que Fortier danse à réussi à nous dégotter pour faire le projet (financé par le Conseil des Arts de Montréal). Je suis très heureuse de la musique composée par le talentueux Martin M. Thétrault. En ressort donc un documentaire de 52 minutes: Journal d’un danseur nomade. Le film fait le récit du projet fou de Fortier: danser 30 jours en ligne, pendant 30 minutes, dans des lieux urbains surprenants, beau temps, mauvais temps, sous le nez des passants. Le périple se déroule de NewCastle (où je suis allée filmer il y a deux ans), à Yamagushi, en passant par Nancy, Ottawa et Montréal. J’ai passé un très grand nombre d’heures à tenter de tirer un film intéressant de ces dizaines d’heures (plus de 20) d’images de performance. J’ai volontairement omis toute entrevue du film assez rapidement. Soyons francs: Paul-André n’aime pas tellement les entrevues. Mais il m’a ouvert son journal de voyage avec générosité, et j’ai pu en tirer un récit narratif très intéressant pour comprendre son parcours, en réponse à des images qui parlent déjà beaucoup. La musique de Martin est venu rendre tout ce tableau beaucoup plus homogène et fluide, il a complètement réussi à rendre les textures et les ambiances que j’entendais dans ma tête.

Mais je dévie. Je vous entretenais de ma paresse. Elle est relative, au fond. Je suis quand même en train de faire 5 projets de front: finaliser ce film (la ?#$#%$ de distribution), monter « Joie », préparer un nouveau contrat pour le conseil des arts, clore l’Émission-VOX et entreprendre des nouvelles chroniques pour Premières vues, toujours à VOX. Mais je fais quand même des siestes. Faut dire que je me suis levée à 6h00… Quand je vous disais que je suis paresseuse…

Une réflexion sur « Paresse et discipline de création »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.